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Les malformations génitales des garçons expliquées par les polluants

Les hommes et femmes exposés à des détergents, des solvants ou des pesticides auraient trois fois plus de risques de donner naissance à des petits garçons souffrant de malformations génitales. C'est ce que révèle une étude menée dans les CHU de Nice, Marseille, Montpellier et Bordeaux dont France Info a ce vendredi matin la primeur.
Article rédigé par Mathilde Lemaire
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2min
  (Le professeur Charles Sultan, l'un des deux auteurs de cette étude © MAXPPP)

Deux professeurs de Montpellier, un endocrinologue, Charles Sultan,  et un chirurgien pédiatrique, Nicolas Kalfa, ont étudié la situation de 600 enfants dont 300 petits garçons souffrant de malformations. L'une des principales malformations dont parle cette étude, c'est l'hypospadias en augmentation depuis 50 ans : les petits garçons naissent avec un urètre trop court. Leur urine ne sort pas par l'extrémité de leur sexe mais par en-dessous. Il faut alors souvent les opérer. Les deux professeurs montpelliérains ont observé de près qui étaient ces petits garçons, et se sont aperçus que leur mère avait été en début de grossesse exposées trois fois plus que les autres mères à des produits qu'on appelle des perturbateurs endocriniens : solvants, détergents, pesticides.

Toute une série de professions concernées

Les médecins ont ensuite recensé les professions des deux parents de ces enfants souffrant de malformation de la verge et ils ont découvert  une surreprésentation de femmes de ménages, d'esthéticiennes, d'agriculteurs ou de techniciens de laboratoires. Enfin quantité de ces petits garçons sont nés non loin d'une usine d'incinération, d'une usine chimique ou de surface agricoles exploitées de manière intensive. Les détergents, solvants et pesticides que les parents ingèrent, inhalent ou touchent  agiraient donc sur la formation de la testostérone du fœtus et sur le développement des organes génitaux. Sans attendre, des militants écologistes ont décidé de se saisir de cette étude pour interpeller les politiques à Paris et à Bruxelles. Des militants qui dénoncent le lobby tout puissant des industriels qui empêcheraient selon eux l'interdiction de certaines substances ou l'encadrement de leur commercialisation.

 

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