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Les gendarmes vont "faire la police" sur le chemin du Mont-Blanc

Sur les voies d'accès au Mont-Blanc, la surfréquentation pose de plus en plus de problèmes de dégradation de l'environnement et de sécurité pour les alpinistes. Pour tenter de juguler le phénomène, le préfet de Haute-Savoie va, pour la première fois, envoyer à partir de ce week-end des gendarmes de haute-montagne "faire la police" au refuge de Tête-Rousse, dernier bivouac autorisé avant l'ascension finale.
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Radio France
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 (Gilles Halais Radio France)

L'arrivée des beaux jours marque le coup d'envoi de la saison d'alpinisme et des premiers Mont-Blanc.
Chaque été, ils sont 20.000 à 30.000 alpinistes à se lancer à l'assaut du "Toit de l'Europe". La plupart emprunte la voie royale, par l'arête du Goûter.
Le probème, c'est le bivouac : la capacité limitée du refuge du Goûter ne permet pas de mettre à l'abri ces hordes d'alpinistes. 

Alors, beaucoup choisissent de planter une tente au pied du refuge, au mépris de toutes les règles de respect de l'environnement dans ce site classé, et donc protégé. "On a entre 30 et 50 tentes au pied du refuge du Goûter tous les soirs. Avec des déchets partout (organiques notamment) : c'est pourri !", dénonce Philippe Bonnano, guide de haute-montagne pour Terres d'Aventure.
"La surfréquentation pose aussi des problèmes de sécurité", renchérit le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex. Certains alpinistes peu expérimentés et chargés comme des baudets prennent des risques importants dans certains couloirs difficiles. Et font courir des risques aux autres cordées lorsqu'ils viennent s'entasser à 250 dans le refuge prévu pour 100 personnes.

Une première dans l'histoire de l'apinisme

Après dix ans de combat, le maire de Saint-Gervais a été entendu : le nouveau préfet de Haute-Savoie, arrivé l'an dernier à Annecy, a décidé d'envoyer des gendarmes "faire la police" sur la voie royale du Mont-Blanc. Une première dans l'histoire de l'alpinisme.
Postés au refuge de Tête-Rousse, dernier bivouac autorisé avant le Goûter, les militaires vont veiller à ce qu'aucune toile de tente ne monte plus haut. "Nous ne voulons plus d'alpinistes inconscients. Cette présence permettra d'éviter les comportements manifestement illégaux, totalement déplacés ou très imprudents", explique le préfet, Georges-François Leclerc.

La démarche se veut à la fois pédagogique et dissuasive.
Pour ne pas en arriver à instaurer des permis d'ascension, comme au mont McKinley (Alaska). "La prévention prend du temps, mais j'ai bon espoir qu'on arrivera à une meilleure maîtrise du massif du Mont-Blanc", parie Raymond Courtial, vice-président de la Fédération des clubs alpins et de montagne. Avant de conclure : "La montagne est un espace de liberté, mais pas le foutoir !"

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