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Les dossiers sensibles de la conférence environnementale

Gouvernement, associations, syndicats, patrons et élus sont réunis jusqu'à samedi midi pour fixer une feuille de route "verte" au quinquennat Hollande.

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Un manifestant contre l'exploitation des gaz de schiste, à Barjac (Gard), le 23 octobre 2011. (GERARD JULIEN / AFP)

ENVIRONNEMENT - Placer le "dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social". C'est l'objectif affiché de la conférence qui s'ouvre vendredi 14 septembre, cinq ans après le Grenelle de l'environnement de Nicolas Sarkozy. Gouvernement, associations, syndicats, patrons et élus sont réunis autour de cinq tables rondes jusqu'à samedi midi, pour fixer une feuille de route "verte" au quinquennat Hollande. Et les sujets de frictions ne manquent pas.

1Le nucléaire

Fin août, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a assuré que le nucléaire était une "filière d'avenir", s'attirant les foudres des écologistes, alors que François Hollande a promis de réduire de 75% à 50% sa part dans la production électrique. Les ONG attendent de la fermeté de la part du président de la République.

La table ronde sur le thème de l'énergie, emmenée par Arnaud Montebourg et Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, promet des échanges musclés. D'autant que le nucléaire n'est pas le seul point d'achoppement. 

2Le gaz de schiste et les forages off-shore

Les Français n'en veulent pas, les élus locaux non plus, les industriels y croient, le gouvernement hésite et les écolos sont inquiets. Le dossier du gaz de schiste constituera probablement le plat de résistance de la conférence.

En accompagnement, la délicate question des forages pétroliers off-shore, au large de la Guyane notamment. Le débat a coûté sa place à Nicole Bricq, première ministre de l'Ecologie du gouvernement Ayrault, avant Delphine Batho.

3Les énergies renouvelables

Eolien, sur terre ou en mer, panneaux photovoltaïques et même énergie hydrolienne (comme l'explique Le Parisien! Les sources d'énergie renouvelables sont multiples et connues, mais souffrent d'une réglementation compliquée et de "deux ans de décisions contradictoires", écrit Le Monde.

La ministre de l'Ecologie, qui défend le "patriotisme écologique", pourrait annoncer des mesures d'urgence pour les filières éolienne et solaire françaises. Les ONG l'attendent au tournant.

4Le logement

Chauffer sa maison ou son appartement, particulièrement lorsqu'ils sont anciens, coûte cher. Pendant sa campagne, François Hollande a promis d'arriver à un million de logements basse consommation par an, la moitié étant des logements neufs, l'autre moitié des logements rénovés. La rénovation thermique des bâtiments est un gros chantier du gouvernement. Elle est censée créer des emplois, lutter contre la précarité énergétique et réduire les émissions de CO2. Mais il faut la financer.

5Le diesel

On n'en avait pas entendu parler depuis bien longtemps, jusqu'à ce que les gaz d'échappement des moteurs diesels soient classés parmi les cancérogènes certains, en juin 2012. Dans la foulée, le député PS Jean-Marie le Guen, soutenu par l'écologiste Jean-Vincent Placé, vendredi matin sur Europe 1, a proposé d'interdire la circulation des véhicules diesel dans les grandes villes d'ici trois ans.

Le président du groupe EELV au Sénat réclame, en outre, la suppression des "niches fiscales qui favorisent le diesel". "Ce sont des mesures notamment européennes qui commencent à se mettre en place et nous, comme souvent, nous sommes à la traîne", a-t-il déploré.

6La fiscalité "verte"

Agriculteurs, chauffeurs routiers, pêcheurs bénéficient de 26 allégements fiscaux favorisant les énergies fossiles, explique Le FigaroLe gazole aussi échappe à de nombreuses taxes. A l'heure de la rigueur budgétaire, ces niches fiscales pourraient sauter. Mais pas tout de suite. Le budget 2013, qui sera présenté le 28 septembre en conseil des ministres, n'en fait pas mention.

Une table ronde entière y est toutefois consacrée. L'occasion pour les écologistes et les industriels de discuter du principe du "pollueur/payeur". En vue d'un compromis ? Ce n'est pas gagné.

7Les pesticides

Il s'agissait du "seul grand engagement du monde agricole lors du Grenelle de l'Environnement" de 2007. Pourtant, c'est un échec. Le plan prévoyait une réduction de 50% de l'utilisation des pesticides d'ici à 2018, mais les ventes de ces produits sont reparties à la hausse en 2012.

La conférence environnementale sera l'occasion d'envisager un nouveau dispositif. Mais les agriculteurs ont prévenu : "Il ne faut pas prendre de mesures qui risqueraient de dégrader la production agricole et agro-alimentaire, mais trouver une compatibilité entre objectifs écologiques et objectifs économiques", a estimé jeudi Philippe Mangin, président du réseau des coopératives agricoles, Coop de France.

8La biodiversité

C'est un enjeu d'échelle mondiale. De nombreuses espèces sont menacées, y compris en France, d'autres disparaissent chaque année. En cause notamment, l'étalement urbain. Chaque année "74 000 hectares de terres agricoles sont engloutis par la ville sous toutes ses formes, alors que le territoire français est déjà artificialisé à 8,5%", rapporte Le Monde. C'est d'ailleurs la ministre du Logement, Cécile Duflot, directement concernée, qui animera la table ronde sur la biodiversité.

Les défenseurs de la nature, eux, attendent la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), lancée en mai 2011 par le précédent gouvernement.

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