Le procès le 18 février à Gap d'un chasseur ayant abattu une louve a fait monter la pression dans les Hautes-Alpes

Les associations d'éleveurs ont en effet réclamé le droit à se protéger d'une espèce protégée mais dangereuse pour les troupeaux. Face au problème, Henriette Martinez, députée UMP du département, a déposé une proposition de loi visant à mettre en place "un plan de gestion du loup".3161 moutons ont été tués par des loups en 2009 contre 2737 en 2008.

Le loup, un animal protégé
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Les associations d'éleveurs ont en effet réclamé le droit à se protéger d'une espèce protégée mais dangereuse pour les troupeaux. Face au problème, Henriette Martinez, députée UMP du département, a déposé une proposition de loi visant à mettre en place "un plan de gestion du loup".

3161 moutons ont été tués par des loups en 2009 contre 2737 en 2008.

L'Etat a autorisé entre avril 2009 et avril 2010, l'abattage de six loups sur une population totale de 220. Un seul a pour l'heure été abattu à la suite d'une autorisation officielle.

Les tensions se sont cristallisées autour de l'affaire du chasseur jugé en correctionnelle après avoir été surpris par des gardes-chasse en décembre 2009 en train d'abattre une jeune louve lors d'une battue au sanglier près de la commune d'Esparron, dans les Hautes-Alpes.

L'accusé, qui a évoqué à la barre un acte d'autodéfense lié à l'effet de "panique", comparaissait pour "destruction d'une espèce protégée", délit pour lequel une amende de 1.500 euros ferme a été requise à son encontre. Le jugement a été mis en délibéré au 25 mars. Il encourt six mois de prison et 9.000 euros d'amende.

Eleveurs contre associations de protection de la nature
Le 17, la veille du procès, de 1.200 à 1.500 éleveurs avaient manifesté leur soutien au chasseur, réclamant des moyens de défense efficaces contre le canidé. Le syndicat d'éleveurs des Jeunes agriculteurs des Hautes-Alpes, la Fédération départementale ovine et la FDSEA avaient appelé à cette manifestation à Gap.


Pour le secrétaire départemental de la FDSEA, René Laurent, il n'est pas question de soutenir "le braconnage, mais c'est évident que ce chasseur a tué accidentellement". De son côté, le président de la Fédération départementale ovine, Joseph Jouffrey, souligne un nombre croissant d'éleveurs affectés par la "problématique des prédateurs".
"Le loup nous rend la vie très difficile. Nous, les éleveurs, on ne veut plus du loup en zone de pastoralisme", a déclaré pour sa part la présidente départementale des Jeune Agriculteurs, Sandrine Hauser.

En face d'eux, neuf associations, principalement des associations de protection de la nature, qui se sont constituées partie civile et réclament des dommages et intérêts. Me Nathalie Lourenço, représentant l'une d'elle, a dénoncé la manifestation estimant qu'elle "polluait le débat", qui n'était, selon elle, que celui de la "protection d'une espèce protégée". "Les associations d'éleveurs se servent d'un acte de chasse pour faire le procès du loup", a dénoncé Hervé Gasdon, président de l'Association alpine de la protection de la nature.

Une loi pour la gestion du loup ?
La députée UMP des Hautes-Alpes Henriette Martinez a déposé une proposition de loi visant à mettre en place "un plan de gestion du loup", proposant notamment que les éleveurs et les bergers titulaires d'un permis de chasse ainsi que les chasseurs soient autorisés à "tirer le loup en cas de rencontres fortuites dans la pratique de leurs activités". Cette autorisation ne vaudrait que pendant la période légale de la chasse, dans la limite d'un quota fixé et des territoires définis par les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture.

Pour justifier sa proposition de loi, Mme Martinez fait valoir que depuis la réapparition du loup, en 1992, dans le massif du Mercantour, cette espèce protégée s'est développée en France - 180 loups présents dans neuf départements - alors que la survie de l'espèce est assurée à partir de la présence de 120 animaux, selon elle.

Ses propositions précisent que le plan serait établi pour cinq ans conjointement par les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, fixerait le principe d'un "quota national de prélèvements" et définirait des zones d'abattage. Il se ferait en concertation avec le Groupe National Loup qui a déjà reçu l'autorisation de tirer pour les éleveurs et les bergers mais dans des conditions "insuffisantes", selon Henriette Martinez.

La députée considère aussi que "le loup menace la pratique du pastoralisme avec des graves conséquences pour l'élevage mais aussi pour la survie de la biodiversité de la montagne".