La facture de l'EPR de Flamanville s'alourdit et relance le débat sur le nucléaire

Selon EDF, la construction du réacteur coûtera 8,5 milliards d'euros à cause de nouvelles études destinées à vérifier la sécurité de l'installation. De quoi réjouir les anti-nucléaires. 

Le chantier du réacteur nucléaire de 3e génération à Flamanville (Manche),, le 4 novembre 2011.
Le chantier du réacteur nucléaire de 3e génération à Flamanville (Manche),, le 4 novembre 2011. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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ENVIRONNEMENT - La facture ne cesse de gonfler. Lundi 3 décembre, EFD a annoncé un surcoût de 2 milliards d'euros de la construction du réacteur nucléaire de 3e génération EPR à Flamanville (Manche). Son coût avait déjà été quasiment doublé l'an dernier, à 6 milliards d'euros contre 3,3 milliards annoncés initialement en 2005. Une mauvaise nouvelle pour EDF alors que le gouvernement vient d'ouvrir le débat national sur la transition énergétique

Dans un communiqué, le groupe électrique a expliqué avoir pris en compte différents facteurs dans cette révision à la hausse, notamment des études destinées à vérifier la robustesse de certaines pièces ou locaux qui n'avaient jusqu'ici jamais été réalisés avant la mise en service du réacteur. Alors qu'il s'attendait à devoir modifier une centaine d'éléments, le groupe "s'est aperçu que c'était près d'un millier" qu'il fallait revoir. 

A cela s'ajoute l'intégration de nouvelles exigences réglementaires, ainsi que des enseignements postérieurs à la catastrophe nucléaire de Fukushima dont le remplacement d'énormes pièces métalliques entourant le bâtiment réacteur, que le groupe a du changer après la détection de défauts. Le géant français de l'électricité a en revanche maintenu le calendrier de mise en service du réacteur, tablant toujours sur un démarrage de la production en 2016, soit avec 4 ans de retard par rapport au calendrier d'achèvement initial. 

"Cette annonce enterre la compétitivité de l'EPR face à l'éolien"

Cette nouvelle en plein débat national sur la transition énergétique, qui doit aider le gouvernement à définir la politique énergétique de la France et proposer des pistes pour réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans l'électricité à l'horizon 2025. "On est chez les fous!!" a immédiatement réagi sur Twitter Jean-Vincent Placé, le président du groupe EE-LV au Sénat.

"Cette annonce enterre la compétitivité de l'EPR face à l'éolien" et "tue la crédibilité de l'EPR à l'export", a déclaré Sophia Majnoni, en charge des questions nucléaires à Greenpeace France. "Voilà qui vient briser le mythe, si cela n'était pas déjà fait, du nucléaire pas cher. Il faut arrêter les frais et stopper ce chantier qui est absurde", a renchéri Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire.

Un argument rejeté par Hervé Machenaud, directeur exécutif en charge de la production d'EDF, qui assure que même à ce niveau, le nucléaire reste moins cher que les énergies renouvelables hors hydraulique.