Journée mondiale du recyclage : "Le tri des déchets est le deuxième geste citoyen après le vote"

 À l'occasion de la journée mondiale du recyclage mercredi, Nicolas Garnier, de l'association Amorce, fait le point sur la gestion des déchets en France. 

Un homme tri ses déchets dans un centre de recyclage à Nancy. (Photo d\'illustration)
Un homme tri ses déchets dans un centre de recyclage à Nancy. (Photo d'illustration) (MAXPPP)

Mercredi 15 novembre est la journée mondiale du recyclage. En 2008, les pays membres de l'Union européenne se fixaient un objectif : recycler la moitié des déchets ménagers d'ici à 2020. Où en sommes-nous aujourd'hui ? Le point avec Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, association nationale des collectivités pour la gestion des déchets.

franceinfo : À combien s'élève le nombre de déchets par habitant ?

Nicolas Garnier : Un Français produit à peu près 580 kgs de déchets par an. On peut dire qu'il y a trois grandes parties. Pour un tiers, il y a des filières de recyclage et un effort de mobilisation. Il y a un logo qui vous dit si le produit se recycle ou pas. Un autre tiers de la poubelle ne propose aucune solution de recyclage. Près de 99 % des jouets n'ont aucune solution de recyclage et rien ne se recycle dans le rayon cuisine ou bricolage. Le dernier tiers, ce sont les déchets organiques de cuisine et de jardin qui pèsent environ 200 kgs par habitant. 

Combien coûtent les déchets ?

Les déchets coûtent 100 euros par habitant, 400 euros pour une famille de quatre personnes, soit un tiers de smic. Cela coûte cher, mais c'est le prix de l'environnement et du recyclage. Près de 25 % de ce prix, ce sont des taxes nationales, la TVA, les taxes sur les décharges, etc. Cela rapporte 500 millions d'euros à l'Etat. Nous demandons que cette somme soit affectée à l'économie circulaire. Il faut aussi que l'Etat fasse un effort pour accompagner, par exemple, les entreprises vers le recyclage.

Les collectivités locales ont-elles les moyens ?

Si l'on veut faire les choses sérieusement, il faut mettre en place du tri à la source des biodéchets. Soit vous avez une collecte sélective dans votre appartement, soit vous allez en bas de votre quartier où vous avez des composteurs de proximité gérés par des associations, soit vous avez un composteur individuel dans votre jardin. Cela coûte. Si on veut le mettre en place, il faut que la fiscalité permette de financer la mise en œuvre de ces nouveaux équipements dans les collectivités locales. La taxe des ordures ménagères a beaucoup augmenté ces dernières années, mais cela s'explique par l'augmentation des traitements de fumée, de collectes sélectives… Mais surtout, il y a une fiscalité qui a augmenté. Il y a trois ans, la TVA sur la gestion des déchets a doublé. Elle est passée de 5 à 10 %. Il faut mettre de la cohérence dans tout cela. Il faut un malus pour ceux qui ne font rien et une TVA à 5,5 %.

Le recyclage est-il devenu un réflexe ?

Les sondages montrent que le tri des déchets est le deuxième geste citoyen après le vote. C'est absolument essentiel de donner cette information, de dire ce que l'on peut acheter et qui se trie. Il y a énormément de solutions qui permettent de recycler plus. Pour cela il faut qu'on donne une information très simple au consommateur.

Journée mondiale du recyclage : "Le tri des déchets est le deuxième geste citoyen après le vote", explique Nicolas Garnier (Amorce)
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