Il n'y a pas que le volcan Kilauea à Hawaï, voici les volcans à surveiller de près cette année

L’éruption du volcan Kilauea, à Hawaï, se poursuit avec l’apparition de nouvelles fissures dont s’échappent lave et émanations. Kilauea est l’un des plus actifs au monde, mais ce n’est pas le seul. Tour d’horizon des volcans à surveiller de près en cette année 2018, par nos confrères de "The Conversation". 

Le lac de lave du volcan Kilauea est photographié en pleine éruption, le 6 mai 2018, à Hawaï. 
Le lac de lave du volcan Kilauea est photographié en pleine éruption, le 6 mai 2018, à Hawaï.  (USGS / REUTERS)
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Si l’éruption du Mont Agung a focalisé l’attention en début d'année, les éruptions volcaniques sont monnaie courante en Indonésie. Sur les 139 volcans actifs que compte l’archipel, 18 ont déclenché des alertes pour cause d’activité sismique plus intense que la normale, de déformation du sol ou d’émissions de gaz. À un niveau plus global, on notera que chaque semaine de 2017 aura vu entre 14 à 27 volcans entrer en éruption. L’activité volcanique se concentre le long de la Ceinture de feu, une région de l’océan Pacifique où plusieurs plaques tectoniques se rencontrent, provoquant des tremblements de terre et ce que les géologues appellent du volcanisme de zones de subduction.

D’autres éruptions sont le fait soit de volcans continentaux, à l’image du Ol Doinyo Lengai en Tanzanie, soit de volcans insulaires comme à Hawaï. Sachant que nombre d’éruptions, intervenant dans le fond des océans, se dérobent à nos yeux ; les volcans sous-marins les plus actifs se situent dans l’arc des îles Tonga-Kermadec, dans le sud-ouest du Pacifique.

total des menaces volcaniques. Si l’on prend en compte le critère du risque sur les populations, ce risque est le plus élevé sur de petites îles comme Montserrat, une zone totalement volcanique.

Quels sont donc les volcans à surveiller en 2018 ? Certains ayant montré des signes d’activité pourront se calmer quand d’autres entreront dans une phase d’éruptions au cours des mois à venir et devront alors être observés et surveillés de près. À côté de Kilauea, voici les volcans à suivre de près cette année.

Les Monts Kirishima au Japon

Ils sont peu connus mais figurent parmi les volcans nippons les plus actifs : les Monts Kirishima se composent d’une série de cônes volcaniques dont les éruptions ont été documentées depuis 742. L’une d’entre elles, imputable au Mont Shinmoedake, fut en 2011 l’une des plus importantes des 50 dernières années. En octobre 2017, ce volcan est à nouveau entré en éruption, rejetant des colonnes de gaz et de cendres à plus de 200 mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à ce jour élevé.

Une vue aérienne du mont Shinmoedake en éruption, le 6 mars 2018, au Japon. 
Une vue aérienne du mont Shinmoedake en éruption, le 6 mars 2018, au Japon.  (KYODO KYODO / REUTERS)

Le Merapi en Indonésie

Le Merapi est l’un des volcans les plus dangereux d’Indonésie en raison de ses éruptions fréquentes et de ses flancs densément peuplés. Avec ses 400 victimes, son éruption de 2010 fut la plus meurtrière du XXIe siècle jusqu’à ce jour. Si certains avancent qu’une nouvelle éruption se fait attendre, il n’y a cependant aucun signe précurseur pouvant indiquer qu’une nouvelle activité volcanique est à venir.

Le mont Merapi entre en éruption le 15 novembre 2010, sur l\'île de Java (Indonésie). 
Le mont Merapi entre en éruption le 15 novembre 2010, sur l'île de Java (Indonésie).  (SIGIT PAMUNGKAS / REUTERS)

L’Öræfajökull en Islande

Ce volcan recouvert de glace a connu deux éruptions depuis les premières installations de population : en 1362, qui fut l’éruption volcanique la plus importante du pays, puis en 1727-1728. Dans les deux cas, des inondations très importantes et mortelles s’ensuivirent, à mesure que les eaux de fonte des lacs sous-glaciaires se trouvaient libérées.

Le glacier Oraefajokull est en réalité un volcan, ici photographié en 2009, en Islande. 
Le glacier Oraefajokull est en réalité un volcan, ici photographié en 2009, en Islande.  (PATRICK DIEUDONNE / ROBERT HARDING HERITAGE / AFP)

Il semblerait que le volcan Öræfajökull soit en train de se réveiller. De petits tremblements sismiques à l’intérieur du volcan ont été enregistrés depuis août 2017 et, en novembre, un affaissement du glacier situé au-dessus du cratère principal est apparu. Ce phénomène est en général causé par la glace en train de fondre à mesure que la température augmente.

Le Popocatépetl au Mexique

La "montagne fumante" du Mexique, dont la photo figure en tête de cet article, se situe à 70 kilomètres au sud-est de Mexico ; il s’agit du volcan le plus actif du pays. Ce dernier est actuellement en éruption – comme c’est le cas de façon intermittente depuis 2005 – qui s’accompagne d’un grossissement du dôme de lave, d’explosions, de panaches de cendres s’élevant à quelques kilomètres de hauteur et de retombées de cendres plus mineures dans les environs.

(IMELDA MEDINA / X02316)

Le Villarrica au Chili

Le volcan enneigé Villarrica fait partie des rares volcans de la planète à posséder un lac de lave en fusion. On y note, depuis mi-novembre 2017, une activité sismique croissante et des changements également au niveau du lac de lave, avec des fontaines de lave atteignant jusqu’à 150 mètres de haut.

Le volcan Villarrica (Chili) entre en éruption le 10 mai 2015.
Le volcan Villarrica (Chili) entre en éruption le 10 mai 2015. (STRINGER CHILE / REUTERS)

Ces volcans devront être surveillés de près dans les semaines et les mois à venir. Il faut aussi noter que l’activité éruptive peut apparaître soudainement parmi des volcans endormis, à l’image de l’Hekla en Islande qui a connu après des décennies de tranquillité des éruptions soudaines et très importantes sans presque crier gare.

Ralf Gertisser, Senior Lecturer in Mineralogy and Petrology, Keele University; Katie Preece, Research Associate in Volcanology, University of Glasgow et Sylvain Charbonnier, Assistant Professor in Volcanology, University of South FloridaLa version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.