Glacier Thwaites : "C’est aujourd’hui que nous décidons du sort de l’Antarctique pour les prochains siècles"

Le niveau de la mer "a déjà pris 20 cm depuis le début du siècle dernier", alerte le climatologue Jean Jouzel, alors qu'un glacier de l'Antarctique, grand comme un quart de la France, risque de se détacher.

Le climatologue Jean Jouzel, le 28 août 2015.
Le climatologue Jean Jouzel, le 28 août 2015. (JEAN PIERRE MULLER / AFP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

"C’est aujourd’hui que nous décidons du sort de l’Antarctique pour les prochains siècles", a réagi le climatologue Jean Jouzel sur franceinfo lundi 18 février, alors que l’un des plus grands glaciers de l’Antarctique, le glacier Thwaites, menace de se détacher. Cette fonte des glaciers entraîne une hausse de plus en plus importante du niveau des océans.

"Ce sont les gaz à effet de serre émis dans les prochaines décennies qui vont décider du sort de l’Antarctique. Si nous dépassons deux degrés ou deux degrés, cette instabilité, cette faiblesse du glacier de Thwaites, va se concrétiser par le détachement d’une large part de l’Antarctique de l’ouest. Si le réchauffement est important, on peut craindre une fonte d’une partie du Groenland à l’échelle millénaire. Tout cela paraît lointain, mais c’est nous qui en décidons aujourd’hui", a poursuivi le glaciologue.

Limiter le réchauffement climatique "maintenant"

L’élévation du niveau de la mer "a déjà pris 20 cm depuis le début du siècle dernier. On ira très probablement au-delà de 50 cm à un mètre d’ici la fin du siècle."

Ce sont déjà de nombreuses villes, Tokyo, Bangkok, Miami, New York, Dakar, qui sont à risques, par rapport à une élévation du niveau de la mer. Ce sont des populations très importantes qui souffriront de l’élévation de la mer.Jean Jouzelà franceinfo

"Il faut tout faire pour limiter le réchauffement climatique maintenant", a martelé le scientifique. Le réchauffement climatique n'est pas "réversible". "Pour limiter cette contribution, il faut limiter le réchauffement climatique lui-même. Plus le réchauffement climatique sera important, plus les risques de fonte de ces calottes glaciaires seront là. La sagesse, c’est de regarder notre façon de nous développer. Nous disons la même chose depuis trente ans. S’adapter à un changement climatique sera pratiquement impossible dans certaines régions", a-t-il conclu.