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Gaz de schiste : un rapport parlementaire favorable à une exploitation raisonnée

Un rapport parlementaire présenté jeudi propose de relancer l'exploitation des gaz de schiste avec une technique plus maîtrisée. D'après les co-rapporteurs, Christian Bataille (député PS) et Jean-Claude Lenoir(UMP), la fracturation des gaz de schiste peut être utilisée avec un impact acceptable sur l'environnement.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Tim Shaffer Reuters)

Ce rapport
parlementaire sur l'exploitation des gaz de schiste pourrait susciter de
nouvelles tensions au sein du gouvernement entre écologistes et socialistes. Un
rapport parlementaire publié ce jeudi plaide en faveur de l'exploitation du gaz de schiste. Il préconise une fracturation hydraulique "modérée"
avec une consommation d'eau et d'additifs en baisse. Pour les deux
co-rapporteurs, Christian Bataille (député PS) et Jean-Claude Lenoir (sénateur
UMP), "la
fracturation hydraulique reste la technique la plus performante, la plus facile
à utiliser, et celle qui est utilisée aujourd'hui n'a rien à voir avec celle
qui a été utilisée auparavant"
.

 Les
parlementaires, chargés d'étudier les techniques alternatives à la fracturation
hydraulique, pensent aussi que la "France possède toutes les
compétences scientifiques, techniques et industrielles, pour créer une filière
de fracturation propre
".

Ce rapport
d'étape explique aussi que la fracturation hydraulique aurait été utilisée au
moins à 45 reprises en France sans qu'aucun dommage n'ait été signalé. Autre
mesure proposée, faire des recherches sur les ressources françaises en gaz de
schiste en utilisant une technique sismique, puis utiliser la fracturation
hydraulique dans une dizaine de puits expérimentaux.

"Un rapport
qui ne pose pas les bonnes questions"

Ce document d'étape suscite de vives réaction. Pour Thomas Porcher, auteur de Mirage du gaz de schiste , ce rapport se focalise sur
la technique. Pour cet économiste, il faudrait plutôt s'interroger sur les
risques environnementaux et les conséquences économiques. Le modèle américain
ne marcherait sûrement pas en France, explique Thomas Porcher. "Aux
Etats-Unis, il y a 600 000 puits de gaz de schiste et 500 000 emplois dans le
secteur. En France, on annonce 100.00 emplois possible grâce à l'exploitation
des gaz de schiste, il faudrait donc au moins 90.000 forages c'est impensable!
"

De son côté,
Elisabelle Bourgue, présidente de l'association No Fracking France s'est
insurgée après ce rapport "combien de contaminations, de pollutions, de
malades et de morts devront être recensés pour que les décisions soient prises en
faveur de l'intérêt général
" .

 

Un rapport qui va à l'encontre de la position de la ministre de l'Ecologie

Ces propositions faites dans ce pré-rapport vont à l'encontre des positions de la ministre de l'Ecologie. Delphine Batho s'oppose fortement à l'exploitation des gaz de schiste. La ministre estime qu'il y a trop de risques environnementaux. Delphine Batho ne veut pas surtout pas du modèle américain prôné par Laurence Parisot, la présidente du Medef. Pour la patronne des patrons exploiter les gaz de schiste en France permettrait de faire baisser le prix du gaz comme c'est le cas aux Etats-Unis. Les tarifs du gaz de l'autre côté de l'Atlantique sont trois à cinq fois moins chers qu'en Europe.

Laurence Parisot a d'ailleurs réclamé fin avril que le gouvernement revienne sur la loi Jacob de juillet 2011 qui interdit l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique. Delphine Batho lui a alors répondu qu'il fallait plutôt investir massivement dans les économies d'énergies et les énergies renouvelables. Sur ce dossier, François Hollande a dit fin 2012, qu'il prendrait ses responsabilités si une nouvelle technique respectueuse de l'environnement apparaissait.

Le rapport complet  de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sera publié cet automne.

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