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Environnement : des cargos à voile pour limiter les émissions de carbone générées par le transport maritime

Pour tenter de décarboner au maximum le secteur du transport maritime, des sociétés françaises tentent de s'appuyer sur le vent et développent des techniques spécifiques.

Article rédigé par
Boris Hallier - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le cargo à voile "Neoliner" que développe l'entreprise française Neoline. (MAURIC / NEOLINE)

Le transport maritime est l'un des secteurs qui polluent le plus. En effet, cargos, porte-conteneurs ou vraquiers représentent 3% des émissions de carbone à travers le monde. À l'occasion de la COP26, qui se termine officiellement vendredi 12 novembre, l'Union européenne a rappelé son objectif, qui est de réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports d'ici 2030 et atteindre la neutralité en 2050. Pourtant, les navires propres avec des carburants alternatifs comme l'hydrogène vert tardent à arriver. Par conséquent, certaines entreprises misent sur l'énergie ancestrale qu'est le vent. Et parmi elles, des françaises comme Néoline, Towt ou Alizés.

Ainsi, la jeune entreprise Zéphyr & Borée basée à Nantes a conçu Canopée, avec ses partenaires Jifmar Offshore Services et Ayro, un cargo à voile, capable de transporter une fusée. Dès 2023, il transportera les éléments d'Ariane 6 jusqu'en Guyane.

"Il faut s'imaginer un bateau de 120 mètres de long, équipé de 1 500 mètres carrés de voiles qui se règlent toutes seules en fonction de l'angle et de la vitesse du vent, décrit Amaury Bolvin, cofonteur de la société basée à Nantes. Quand il y a du vent, la puissance générée par les voiles vient soulager la puissance requise par les moteurs." Avec à la clé des économies de carburant "considérables", estimées "entre 20 et 40%" de la consommation du bateau.

Jusqu'à 500 conteneurs par navire

Néoline, autre jeune acteur du secteur basé aussi à Nantes, compte développer d'ici 2024 une ligne presqu'entièrement à la voile, entre l'Europe et l'Amérique. "C'est une ligne intéressante, notamment d'un point de vue vélique parce qu'il y a du vent toute l'année", explique Jean Zanuttini, président de Néoline. L'objectif est de passer par l'Atlantique Nord, entre Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et Baltimore (États-Unis). "Des chargeurs français ont besoin d'exporter des marchandises qui ne rentrent pas dans les conteneurs, comme les bateaux du groupe Beneteau ou les engins de Manitou." Avec ce navire, Néoline espère économiser 80 à 90% du carburant.

Certaines entreprises se disent intéressées par ces moyens de transport. Ainsi, une dizaine de sociétés dont Michelin vont lancer dans quelques mois un appel d'offres. "Nous sommes à la recherche de solutions bas carbone", justifie Géraud Pellat de Villedon, qui réfléchit aux enjeux du développement durable dans cette entreprise. Il s'agira de transporter 500 conteneurs par navire. "On est donc très loin des bateaux qui viennent d'Asie avec 23 000 conteneurs mais la décarbonation passera par des petites unités. Notre idée est donc de créer la demande pour développer ces compagnies maritimes. Nous serons utilisateurs de ce service." Si rien n'est fait, l'organisation maritime internationale assure que les émissions des navires pourraient doubler d'ici 2050.

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