EN IMAGES. Gorilles, zèbres, pandas : quelles espèces risquent l'extinction ?

Le gorille de l'Est, le zèbre des plaines et le panda géant font partie des animaux classés sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), avec un degré de menace d'extinction variable.

Des gorilles des plaines de l\'Est, dans le Sud-Kivu en République démocratique du Congo, le 5 novembre 2012. 
Des gorilles des plaines de l'Est, dans le Sud-Kivu en République démocratique du Congo, le 5 novembre 2012.  (REUTERS STAFF / REUTERS)
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Camille CaldiniFrance Télévisions

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Plus de 80 000 espèces menacées. La liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comporte désormais 82 954 espèces, dont 23 928 sont menacées d’extinction. Parmi elles, le plus grand primate vivant, le gorille de l’Est, se trouve désormais en "danger critique" d’extinction, notamment à cause du braconnage, selon la dernière mise à jour de cette liste rouge, rendue publique dimanche 4 septembre.

Franceinfo revient sur quelques espèces emblématiques qui ont changé de statut. 

Le gorille de l'Est en "danger critique"

Au total, quatre des six espèces de grands singes se trouvent désormais dans la liste rouge des espèces menacées de l'UICN, l'inventaire le plus complet de la faune et de la flore mondiales : le gorille de l'Est, le gorille de l'Ouest, l'orang-outan de Bornéo et l'orang-outan de Sumatra.

Pourquoi parle-t-on de "danger critique" ?  "Danger critique", c'est le dernier pallier avant l'extinction de l'espèce à l'état sauvage. Il ne reste plus que 5 000 spécimens de gorilles de l'Est (Gorilla beringei), une espèce majestueuse qui se trouve désormais dans cette sinistre catégorie, "à un pas de la disparition", ont annoncé les représentants de l'UICN, lors d'un congrès international à Honolulu (Hawaï, aux Etats-Unis). "Voir glisser vers l’extinction le gorille de l’Est, qui nous est étroitement apparenté, est vraiment consternant", a déclaré Inger Andersen, directrice générale de l’UICN.

Le gorille de Grauer ou gorille des plaines orientales, l’une des deux sous-espèces du gorille de l’Est, comptait 16 900 individus en 1994. Ils n'étaient plus que 3 800 en 2015, soit une réduction de plus de 70% en vingt ans. La seconde sous-espèce du gorille de l’Est, le gorille de montagne (G. b. beringei) se porte un peu mieux, sa population a légèrement augmenté et atteint environ 880 individus. 

Un petit gorille de Grauer (ou gorille des plaines orientales), au Parc national des Virunga, en République démocratique du Congo, le 15 septembre 2012.
Un petit gorille de Grauer (ou gorille des plaines orientales), au Parc national des Virunga, en République démocratique du Congo, le 15 septembre 2012. (LUANNE CADD / VIRUNGA NATIONAL PARK / AFP)

Qu'est-ce qui menace ces espèces ? "Il est illégal de tuer ou de capturer des grands singes, cependant la chasse représente le danger le plus grave pour les gorilles des plaines orientales", explique l'organisation internationale. Le génocide rwandais a joué un rôle majeur dans la réduction drastique de leur nombre, analyse John Robinson, primatologue. "Le génocide a poussé beaucoup de monde hors du Rwanda jusque dans l'est de la République démocratique du Congo, en des lieux qui avaient été peu occupés par l'homme", explique-t-il à l'AFP. Certains de ces nouveaux habitants ont chassé les gorilles pour se nourrir, tandis que les activités minières et les habitations envahissaient une partie de l'habitat des grands singes.

Un jeune orang-outan de Bornéo, en Malaisie, le 31 mai 1996.
Un jeune orang-outan de Bornéo, en Malaisie, le 31 mai 1996. (SYLVAIN CORDIER / BIOSPHOTO /AFP)

Le zèbre des plaines "quasi menacé"

Le zèbre des plaines (Equus quagga), autrefois très répandu, est passé de la catégorie "préoccupation mineure" à "quasi menacé". Trois espèces d’antilopes d’Afrique, le céphalophe à bande dorsale (Cephalophus dorsalis), le céphalophe à ventre blanc (Cephalophus leucogaster) et le céphalophe à dos jaune (Cephalophus silvicultor) l'ont également suivi dans cette catégorie.

Pourquoi parle-t-on de "quasi menace" ? Le zèbre des plaines (Equus quagga), autrefois très répandu, est passé de la catégorie "préoccupation mineure" à "quasi menacée". Réduite de 24% depuis quatorze ans, sa population, qui comptait près de 660 000 individus, dépasse désormais à peine les 500 000. Dans de nombreux pays, l’espèce n’est présente que dans les aires protégées et une réduction des effectifs a été constatée dans 10 des 17 pays où il se trouve.

Des zèbres des plaines, ou zèbres de Burchell, dans le parc national d\'Etosha, en Namibie, le 1er octobre 2015.
Des zèbres des plaines, ou zèbres de Burchell, dans le parc national d'Etosha, en Namibie, le 1er octobre 2015. (ANN & STEVE TOON / ROBERT HARDING HERITAGE / AFP)

Qu'est-ce qui menace ces espèces ? Si les populations de ces espèces à l’intérieur d’aires protégées restent relativement stables, ailleurs elles déclinent en raison de la chasse illégale et de la destruction de leurs habitats. Le zèbre des plaines est chassé pour sa viande de brousse et sa peau, en particulier quand les animaux sortent des aires protégées.

Une antilope à dos jaune, originaire d\'Afrique de l\'Ouest.
Une antilope à dos jaune, originaire d'Afrique de l'Ouest. (ZSSD / MINDEN PICTURES / AFP)

Le panda géant reste "vulnérable"

Le panda géant a quitté la catégorie d'espèces "en danger", mais il n'est pas tiré d'affaire pour autant.

Pourquoi le panda est-il "vulnérable" ? S'il n'est plus en danger, c'est notamment grâce aux politiques de protection mises en place par la Chine, qui a permis une hausse de sa population. S'il est difficile d'établir un chiffre exact, l'UICN répertorie environ 2 060 pandas dans le monde, adultes et petits.

Le panda géant Mei Xiang et son petit Bei Bei, dans leur enclos du parc zoologique national de Washington, le 20 août 2016.
Le panda géant Mei Xiang et son petit Bei Bei, dans leur enclos du parc zoologique national de Washington, le 20 août 2016. (KAREN BLEIER / AFP)

Pilier de la stratégie chinoise pour sauver le mammifère : replanter les forêts de bambous, qui leur offrent nourriture et habitat. Les fonds apportés par son programme de "prêt de pandas", moyennant finances, à des zoos du monde entier a également permis à la Chine d'investir dans la protection des spécimens sauvages.

Qu'est-ce qui menace cette espèce ? Un répit qui pourrait être de courte durée. Avec le réchauffement de la planète, plus d'un tiers des forêts de bambous pourrait en effet disparaître d'ici quatre-vingts ans. "Pour protéger cette espèce emblématique, il est crucial de poursuivre la mise en œuvre de mesures efficaces de protection des forêts et de répondre aux nouvelles menaces", enjoint l'UICN.