Stockage de déchets nucléaires à Bure : le projet remis en question par des scientifiques

Le projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) fait débat. Pour certains scientifiques, les risques d'une telle installation sont importants.

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Sans uranium, il n'y aurait pas de centrale nucléaire. Ce métal radioactif que l'on trouve sous terre est utilisé pour produire notre électricité. Si 96% du combustible usé est réutilisé, il reste des déchets non recyclables et dangereux pour l'environnement. À Bure (Meuse), le projet d'enfouissement de déchets nucléaires Cigéo devrait commencer en 2035. Le principe : emprisonner les déchets dans du verre en fusion, les couler dans des cylindres en acier inoxydable et les entreposer dans des galeries à 500 mètres sous terre.

Des risques d'explosion

Pour certains scientifiques, les déchets entreposés à Bure pourraient produire une énorme quantité d'hydrogène, un gaz explosif. "On a cumulé des facteurs de risque extrêmement importants avec ces combustibles, avec ces gaz explosifs, avec ces étincelles, avec de l'oxygène liée à la ventilation. Donc, en fait, on a tous les éléments, tous les ingrédients pour faire un feu", déplore l'ingénieur Bertrand Thuillier. En France, la loi du 28 juin 2006 définit le stockage en couche géologique profonde comme une solution de gestion pérenne. Mais, par exemple, l'uranium 235, utilisé dans les réacteurs nucléaires, va rester radioactif pendant une période de 703,8 millions d'années.

Un employé montre une alvéole destinée à accueillir des déchets nucléaires, dans le laboratoire souterrain de Bure (Meuse), le 28 juin 2011.
Un employé montre une alvéole destinée à accueillir des déchets nucléaires, dans le laboratoire souterrain de Bure (Meuse), le 28 juin 2011. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)