Manifestations à Bure : "Quand on veut manifester dans notre pays, il n'y a pas besoin de se radicaliser", déclare Sébatien Lecornu

Le secrétaire d'Etat, Sébastien Lecornu, a se dit "inquiet" vendredi sur franceinfo après que des opposants au site d'enfouissement de déchets nucléaires ont annoncé vouloir manifester à Bure (Meuse) malgré l'interdiction préfectorale.

Le secrétaire d\'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, le 30 janvier 2018.
Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, le 30 janvier 2018. (AFP)
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Sébastien Lecornu répond aux opposant au projet d'enfouissement des des déchets nucléaires à Bure (Meuse). "Quand on veut manifester dans notre pays, on en a parfaitement le droit", mais "il n'y a pas besoin de se radicaliser", a affirmé sur franceinfo vendredi 2 mars, le secrétaire d'État auprès du Ministre de la transition écologique et solidaire. Certains opposants ont annoncé leur intention de passer outre l'interdiction de manifester décrétée par la préfecture. Cette dernière redoute de nouveaux débordements ce week-end, une semaine après l'évacuation des opposants du bois qu'ils occupaient. Sébastien Lecornu se dit prêt à "dialoguer" avec les associations engagées "contre ce projet Cigéo mais qui ne sont pas des délinquants." Il tient "à cette différenciation entre opposants légaux et opposants illégaux."

franceinfo : Vous êtes inquiets pour ce week-end ?

Sébastien Lecornu : Oui, inquiet, parce que malheureusement il y a un certain nombre de facteurs qui sont là pour justifier l'arrêté que la préfète a pris. Il n'y a pas eu dépôt initial de demande d'autorisation de manifestation. Quand on veut manifester dans notre pays, on en a parfaitement le droit. Il faut juste le déclarer au préalable. Cela n'a pas été fait. En signe de bienveillance et de volonté d'apaisement, la préfecture de la Meuse a proposé un parcours de manifestation qui permettait de l'organiser au mieux pour les habitants et les forces publiques. Ce parcours a été refusé par un certain nombre d'acteurs. Et on a un certain nombre d'informations comme quoi convergent vers Bure et les communes alentours, des personnes qui sont plutôt connues pour leur violence et leur radicalité venues des quatre coins de la France et des quatre coins de l'Europe. Il y a un risque de trouble grave à l'ordre public. C'est pour cela que la préfète a pris ces arrêtés. J'en profite pour redire à ceux et celles qui sont engagés dans un combat contre ce projet Cigéo, combat légal dans le cadre d'un État de droit, que l'État et le gouvernement sont à leur écoute et à leur disposition pour échanger sur notre projet. Il n'y a pas besoin de se radicaliser comme un certain nombre de gens le font actuellement.

Comment se manifeste cette opposition radicale ?

Il faut dire la vérité. Cela fait plus d'un an que l'on connaît des mouvements très radicalisés à Bure. Des jets de pierres hyper violents sur les gendarmes, des caillassages qui ont détruit en partie les vitres de la mairie de Bure, des vols dans les épiceries et commerces alentours. Le monument aux morts a été profané, un hôtel restaurant qui sert aux personnes de l'Andra (l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) a subi une tentative d'incendie au mois de juin dernier. La liste des actes de délinquance sont nombreux et sont imputables à un certain nombre de personnes qui se réclament de cette opposition à Cigéo. Ce sont des opposants que je qualifie d'illégaux. Leur place est devant les tribunaux pour avoir une réponse pénale.

Quelle est alors cette opposition légale ?

On a des associations qui sont contre le nucléaire, des associations locales qui sont inquiètes sur la transparence ou le contenu du projet. Vous avez des gens qui sont engagés contre ce projet Cigéo mais qui ne sont pas des délinquants. Avec eux, j'ai envie de travailler, j'ai envie de discuter. Je le redis, je suis à leur disposition.

Il n'y a pas de contradiction entre l'appel à la discussion et l'interdiction des rassemblements ?

Si on ne prend pas les mesures qu'il convient de prendre, si on a des saccages, si on a des dégradations d'habitations, si on a des personnes qui sont atteintes par des actions violentes ce week-end, on dira, l'État n'a pas fait le nécessaire pour protéger les habitants et la région de Bure. C'est ce que fait la préfecture de la Meuse sous l'autorité du ministre de l'Intérieur avec ces arrêtés, en positionnant des gendarmes sur toute la zone. On ne va pas se laisser intimider par des personnes qui prennent la voie de la radicalisation, avec des actions. Je suis là pour dialoguer. Ceux qui s'opposent à ce projet ont même le droit de l'attaquer devant les tribunaux le moment venu. Oui, je tiens à cette différenciation entre opposants légaux et opposants illégaux. Le projet Cigéo, c'est une décision de travaux qui devrait intervenir au début de quinquennat prochain. C'est à dire pas avant l'année 2022 ou l'année 2023. On a le temps d'en rediscuter.