Déchets nucléaires à Bure : la justice interdit à l'Andra de défricher le bois où doit être construit le centre de stockage

C'est la cour d'appel de Nancy qui a pris cette décision, qui va dans le sens des opposants à ce projet d'enfouissement de déchets.

Une cabane construite par des opposants au projet de centre de stockage de déchets nucléaires, dans le Bois Lejuc à Bure (Meuse), le 22 février 2017.
Une cabane construite par des opposants au projet de centre de stockage de déchets nucléaires, dans le Bois Lejuc à Bure (Meuse), le 22 février 2017. (JEAN CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)
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Partisans et opposants du projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) se rendent coup pour coup. Lundi 22 mai, ces derniers se sont réjouis de la décision de la cour d'appel de Nancy, qui a confirmé que l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) n'avait pas le droit de défricher le Bois Lejuc, où elle veut installer les puits d'accès à son centre de stockage.

Ce bois est devenu l'épicentre de la lutte autour de ce projet. En août, le tribunal de  grande instance de Bar-le-Duc avait déjà tranché contre son défrichement.

L'Andra dit avoir "entamé la procédure de régularisation"

En revanche, les partisans au projet ont obtenu une victoire politique, vendredi, quand le conseil municipal de Mandres-en-Barrois a approuvé de justesse la cession du bois à l'Andra, qui avait été une première fois rejetée par la justice en février. Les opposants ont annoncé, lundi, le dépôt d'un nouveau recours contre cette cession.

Lundi, le Réseau Sortir du nucléaire s'est réjoui, dans un communiqué, que l'Andra n'ait "toujours aucune autorisation légale ni légitimité pour reprendre ses travaux". Ceux-ci avaient été débutés en juin, avant que les opposants n'investissent le site.

Dans une réaction adressée à l'AFP, l'Andra affirme qu'elle a "entamé la procédure de régularisation du défrichement", en procédant "à des replantations sur une partie des zones déboisées", et en "sollicitant une autorisation de défrichement a posteriori auprès des services de l'Etat". Une démarche qui, selon elle, est "sur le point d'aboutir, la consultation publique étant terminée".

Les opposants, eux, estiment que l'Andra "n'a effectué aucune remise en état digne de ce nom, se contentant de la plantation de quelques arbustes au nord du Bois Lejuc, en novembre 2016, avec des méthodes propres à faire sourire les forestiers".

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