Déchets nucléaires à Bure : deux opposants au projet Cigéo condamnés à trois mois de prison ferme

Condamnés pour des violences lors de l'évacuation du bois Lejuc et pour des dégradations ultérieures, ils ont été incarcérés. 

Des militants antinucléaire défilent à Mandres-en-Barrois (Meuse), contre le site Cigéo de Bure, le 23 février 2018. 
Des militants antinucléaire défilent à Mandres-en-Barrois (Meuse), contre le site Cigéo de Bure, le 23 février 2018.  (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Trois mois de prison ferme. Lundi 19 mars, le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc (Meuse) a condamné deux opposants au projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure : l'un pour violences lors de l'évacuation du bois Lejuc, l'autre pour des dégradations ultérieures.

Le site, occupé depuis l'été 2016 par des opposants au projet de centre d'enfouissement des déchets nucléaires, a été retenu par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) entre autres pour y mener des explorations.

Neuf autres militants vont être jugés

Un homme de 24 ans a été condamné à huit mois de prison, dont cinq mois avec sursis, et une interdiction de territoire en Meuse et en Haute-Marne. Le militant est soupçonné d'avoir jeté en direction des gendarmes un bidon d'essence enflammé, ce qu'il conteste, avant d'incendier le bivouac qu'il habitait lors de l'évacuation par 500 militaires, le 22 février à l'aube, du bois Lejuc, épicentre de la contestation au projet Cigéo. Il a reconnu avoir donné un coup de pied à un militaire, puis craché sur un second "par dégoût et mépris" lors de son interpellation.

Une femme de 30 ans a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis pour rébellion lors d'une perquisition à la "Maison de résistance", à Bure, à la suite de l'évacuation du bois. Une seconde femme, refusant de se lever, de décliner son identité et de s'exprimer, a été condamnée à trois mois de prison ferme et incarcérée, conformément aux réquisitions du procureur. Elle faisait partie d'un groupe accusé d'avoir jeté des pierres sur le véhicule d'un pépiniériste et de deux employés, mandatés par l'Andra la semaine dernière, près du bois Lejuc. Six autres personnes seront jugées pour ces faits ultérieurement.

Trois autres personnes, interpellées lors de la perquisition de la "Maison de résistance", seront jugées le 12 juin pour outrages et/ou rébellion sur agent dépositaire de l'autorité publique.