Réchauffement climatique : le taux de méthane en 2020 est le plus élevé depuis 1984 et risque encore d'augmenter, selon une étude

En 2020, il a fait plus chaud et plus humide dans l’hémisphère nord. Cela explique 50% du surplus d’émission de méthane selon des chercheurs du Commissariat à l'énergie atomique et du CNRS.
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Radio France
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  (SIMON MAINA / AFP)

Le taux d'augmentation des émissions de méthane en 2020 est le plus élevé jamais atteint dans le monde depuis 1984, révèle mercredi 14 décembre une étude publiée par la revue scientifique Nature et réalisée entre autres par des chercheurs du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et du CNRS. Le méthane est un puissant gaz à effet de serre qui participe au réchauffement climatique.

>> Climat : hausse record de la concentration de méthane dans l'atmosphère en 2021

Un résultat jugé étonnant que les chercheurs ont voulu comprendre : pourquoi en 2020, année du premier confinement, les émissions de CO2 ont diminué alors que celles du méthane ont sensiblement augmenté ? Les chercheurs ont identifié deux facteurs pouvant expliquer cette forte augmentation du méthane atmosphérique en 2020.

"Nous avons combiné différentes méthodes pour comprendre ce phénomène, qui constitue une expérience grandeur nature et qui apporte un nouvel éclairage sur le bilan mondial du méthane", explique Philippe Ciais, chercheur au CEA qui a codirigé l’étude au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE).

Moins de pollution automobile permet au méthane d'être plus actif

D’abord, les chercheurs se sont rendu compte que les émissions des micro-organismes contenus dans certaines zones humides de la planète avaient augmenté. En 2020, il a fait plus chaud et plus humide dans l’hémisphère nord. Cela explique 50% du surplus d’émission de méthane. Cela veut également dire que le réchauffement climatique participe a son propre emballement : plus il fait chaud et humide, plus il y a production de méthane qui participe à ce même réchauffement climatique.

Ensuite, les chercheurs se sont rendu compte que la baisse de la pollution automobile en 2020 avait participé à la diminution d'un micro-élément dans l’atmosphère qui oxyde - qui avale - les molécules de méthane. Cela signifie que plus la pollution sera réduite, plus le méthane sera actif dans les années à venir. Ces résultats laissent donc entendre que le méthane représente une préoccupation montante dans le réchauffement climatique de ces prochaines années.

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