Les Français ne sont pas prêts à affronter les crises climatiques, souligne la Croix-Rouge

Le deuxième rapport de la Croix-Rouge sur la résilience de la société française, publié jeudi, pointe des "disparités" face aux phénomènes climatiques.
Article rédigé par franceinfo
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La Croix-Rouge française à Paris, en novembre 2018. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Les Français ne sont pas prêts à affronter les crises climatiques, souligne la Croix-Rouge dans son deuxième Rapport sur la résilience de la société française, publié jeudi 25 avril. "Même si les pouvoirs publics et les populations ont désormais conscience de la nécessité d’être formés aux bons comportements et aux gestes qui sauvent, la proportion de citoyens effectivement formée reste insuffisante", indique le rapport. 

La France est en effet toujours en bas du classement européen, avec moins de la moitié de ses habitants formés aux premiers secours. "On a seulement 40% des Français qui ont fait une formation aux gestes de premiers secours alors qu'en Allemagne, par exemple, c'est 80%", détaille sur franceinfo Sandra Hoibian, directrice générale du CREDOC.

Face aux catastrophes climatiques qui "ne cessent de s’intensifier et de se multiplier", l'association d'aide humanitaire formule dix propositions pour améliorer la gestion de crise. Les Français devraient notamment tous avoir un sac d'urgence à portée de main, avec bouteille d'eau, lampe de poche et vêtements chauds. La Croix-Rouge invite aussi à former au moins 80% de la population aux gestes qui sauvent, à "constituer un corps de volontaires prêts à être déployés" ou encore à "pré-positionner des stocks de matériel et des moyens logistiques". Elle demande également de mieux sensibiliser les Français aux événements extrêmes, avec par exemple la journée nationale d'exercice, le 13 octobre prochain.

"Assumer le coût vertigineux de l'inaction"

La Croix-Rouge préconise également la mise en place d'un plan "grand chaud", à l'image du plan "grand froid", avec des dispositifs pour protéger les plus vulnérables. Le rapport met en effet en lumière des "disparités" face aux phénomènes climatiques, qui "touchent davantage les plus vulnérables, en prospérant sur les inégalités socio-économiques et territoriales", souligne le président de la Croix-Rouge française, Philippe Da Costa.

Les personnes âgées font également partie des plus vulnérables. "On a 17% des retraités qui n'ont pas de téléphone portable", explique Sandra Hoibian. "Or, parmi les dispositifs d'alerte, on a FR-Alert qui permet de joindre tout le monde en cas de catastrophe, même si vous n'êtes pas inscrit, que vous n'avez pas téléchargé l'application, mais quand vous n'avez pas de téléphone, vous êtes moins joignable", poursuit la directrice générale de CREDOC.

Enfin, si la Croix-Rouge salue le développement des observatoires du changement climatique dans les régions et la multiplication des plans communaux de sauvegarde, elle déplore en parallèle les baisses de crédits alloués aux associations de protection civile. Ce rapport "appelle à agir rapidement et avec force, aussi bien au niveau individuel que collectif. Sans cela, il nous faudra assumer le coût vertigineux de l’inaction et de l’impréparation, aggravé du poids du sentiment d’impuissance", écrit Philippe Da Costa.

"Il ne s'agit pas d'être catastrophiste, il ne s'agit pas non plus de porter toute la responsabilité sur les individus", précise Sandra Hoibian. Elle appelle à davantage de "propositions collectives", notamment pour "qu'il y ait davantage de soutien psychologique au moment de ces événements". En effet, entre 20% et 50% des personnes qui font face à ces catastrophes climatiques présentent, par la suite, des traumas psychologiques, rappelle-t-elle.

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