COP24. Pucerons, méduses, tiques… Ces bestioles qui profiteront de la hausse des températures

Le réchauffement climatique et la montée des eaux pourraient provoquer la disparition de nombreuses espèces, mais s’avérer une sacrée aubaine pour d’autres.

Les chenilles processionnaires du pin descendent de leur arbre aux beaux jours et marchent au sol, afin de trouver un endroit adéquat pour la métamorphose.
Les chenilles processionnaires du pin descendent de leur arbre aux beaux jours et marchent au sol, afin de trouver un endroit adéquat pour la métamorphose. (MÉGANE CHÊNE / MAXPPP)
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Alors que s’ouvre dimanche 2 décembre la COP24 en Pologne avec, au cœur des négociations, la lutte contre le réchauffement climatique, nombre de scientifiques s’alarment de l'effondrement de la biodiversité et la disparition de milliers d'espèces. Si certaines d'entre elles sont vouées à disparaître avec la hausse des températures, d’autres pourraient y trouver une sacrée opportunité.

Des pucerons voraces

Il faudra d’abord compter sur une variété plus importante d’insectes, qui seront en outre plus voraces. Une hausse de 2 degrés pourrait ainsi, si l’on en croit une étude publiée le 31 août 2018 dans la revue Science, favoriser le développement d’un certain nombre de ravageurs à l’appétit plus solide : leur métabolisme, selon les chercheurs de l’université de Washington, du Colorado, et de Stanford, auteurs de l’étude, s’accélère en effet alors que les températures augmentent. Ils se reproduiraient par ailleurs plus rapidement. Parmi les grands gagnants, le puceron russe du blé, petit insecte vert de moins de deux millimètres qui se régale de blé et d’orge, et a la particularité de se reproduire à une vitesse ahurissante : un puceron femelle naît déjà porteuse de ses filles, lesquelles sont elles-mêmes enceintes…  

Des moustiques et des mouches

Les hivers plus tempérés et les étés plus chauds sont en effet une aubaine pour la prolifération des mouches et des moustiques, qui auront survécu aux vagues de froid hivernales. Sans compter que le réchauffement climatique avance leur cycle de reproduction au printemps. Parmi les volants, citons Drosophila suzukii, une mouche originaire du Sud-Est de l’Asie, qui s’attaque aux pommes : avec le réchauffement global de la planète, on l’a vue quitter son Asie natale pour s’établir, par exemple en Italie et en Espagne. Chez ces insectes qui ont quitté ou agrandi leur aire de répartition initiale, les variations climatiques ont par ailleurs favorisé de rapides changements génétiques, dont leur résistance au froid. Dans le cas des mouches, notons qu’à l’état larvaire, ces dernières sont assez peu résistantes aux vagues de chaleur : un écart de cinq degrés provoque chez les populations étudiées une significative baisse de leur fertilité.

Davantage de tiques

Arthropode honni des randonneurs, à qui elle peut transmettre la maladie de Lyme après leur avoir sucé le sang, la tique pourrait profiter elle aussi des hausses des températures. Les Ixodes Ricinus rencontrées en France sont en effet actives dès sept degrés, mais pas en dessous. Avec des hivers plus doux, elles pourraient donc proliférer et sévir toute l’année durant.

De longues processions de poils urticants

Redoutée pour les brûlures que provoquent sur la peau ses poils urticants, la chenille processionnaire gagne encore du terrain, et pourrait déjà commencer sa conquête de Paris. Il y a dix ans, l’insecte perdait lors des hivers les quelques kilomètres qu’il avait gagnés. Avec l’adoucissement des températures, on le voit avancer au nord à raison de quelque quatre kilomètres par an, là où il se cantonnait à la frontière nord de la Loire. On le retrouve désormais dans le Massif central, les Pyrénées et les Alpes, autrefois épargnés.

De dangereuses méduses

Dans les océans, le réchauffement climatique, en plus de modifier la température des eaux, modifie aussi les courants, emportant ainsi vers de nouveaux ailleurs des espèces autrefois inconnues. C’est le cas de la méduse à crinière de lion, qui évoluait dans les eaux glacées antarctiques et scandinaves, et que l’on retrouve désormais en Irlande et au Pays de Galles. Avec ses deux mètres de diamètre, c’est la plus grosse méduse connue à ce jour. Elle est aussi l’une des plus redoutées sous nos latitudes : ses filaments, longs d’une trentaine de mètres, provoquent de sévères irritations, parfois des crampes, et, dans certains cas, un arrêt respiratoire.

Des espèces hybrides pourraient voir le jour

Certaines espèces, confrontées à une modification de leur habitat, pourraient migrer sur d’autres territoires et rencontrer d’autres espèces, avec lesquelles elles pourraient, sous certaines conditions, se reproduire. Parmi les espèces notablement concernées, les phoques, baleines et ours, qui fuient leur habitat devenu trop chaud pour des glaces plus propices. Éventuellement amusante pour le lecteur, cette perspective est inquiétante pour la survie de ces espèces : si l’accouplement entre espèces proches est possible, les animaux issus de ces croisements sont souvent infertiles, ou génétiquement fragilisés.

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