Convention citoyenne pour le climat : "Toutes les mesures sont réalisables, c’est une question de volonté politique", assure Greenpeace France

Clément Sénéchal, porte-parole "Climat" de l’ONG Greenpeace France salue sur franceinfo vendredi le travail des citoyens tirés au sort dans le cadre de la Convention citoyenne pour le climat et leurs propositions dont certaines, selon lui, permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 150 citoyens tirés au sort font des propositions pour lutter contre le réchauffement climatique au Conseil économique social et environnemental le 4 octobre 2019.
150 citoyens tirés au sort font des propositions pour lutter contre le réchauffement climatique au Conseil économique social et environnemental le 4 octobre 2019. (TANGI JAILLET / MAXPPP)
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Après neuf mois de travaux, les 150 Français tirés au sort de la Convention citoyenne pour le climat ont dressé leurs propositions pour lutter contre le réchauffement climatique. "Toutes les mesures sont réalisables, c’est une question de volonté politique", a réagi sur franceinfo vendredi 19 juin Clément Sénéchal, porte-parole "Climat" de l’ONG Greenpeace France. Il a salué le travail des citoyens et leurs mesures dont certaines, selon lui, "permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre", citant "l’interdiction dans les prochaines années de commercialiser les véhicules polluants". 

franceinfo : Est-ce un mouvement de déconsommation qui apparaît en filigrane de cette Convention citoyenne selon vous ?

Clément Sénéchal : La Convention a plutôt bien travaillé. Certaines mesures qu'elle propose permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme leur préconisation de fermer un certain nombre de lignes aériennes pour réduire le trafic aérien et l'interdiction dans les prochaines années de commercialiser les véhicules polluants. Il y a de la déconsommation, en tout cas un repositionnement du modèle économique. Il s’agit de faire en sorte que les activités qui sont les plus nocives pour le climat soient prises dans une dynamique de décrue tandis que l'on développe d'autres activités comme les mobilités douces, décarbonées et partagées. Il y a des secteurs d'activité qui sont amenés à se développer pour la transition écologique et d'autres qui sont amenés à se réduire.

Toutes ces mesures sont-elles, selon vous, réalisables ?

Toutes les mesures sont réalisables, c'est une question de volonté politique. Ce qui est intéressant avec cette Convention citoyenne, c’est qu'elle a réussi à s'émanciper un petit peu des limites du soi-disant réalisme économique. Aujourd'hui, si on veut être réaliste pour faire face au péril climatique, il faut sortir des cadres actuels et notamment des limites du modèle économique actuel. Les citoyens ont apparemment su garder cette barre-là après, il faut déjà qu'ils votent ce week-end leurs mesures. Il serait de bon ton de ne pas interférer dans ce processus et de laisser la convention choisir elle-même les conclusions qu’elle souhaite apporter à ses travaux. Il faudra voir si Emmanuel Macron reprend toutes ces mesures et pour l'instant, il n'y a aucune garantie sur ce sujet. Il faudrait qu'il respecte le caractère exhaustif de ce que préconise la Convention. Il faudrait surtout voir dans quels délais il compte apporter une réponse législative à toutes ces mesures. Ce président de la République s’est surtout montré être un grand spécialiste du report aux calendes grecques des réformes sur le climat. On ne sait pas si le gouvernement va vraiment faire quelque chose au-delà d'une simple récupération symbolique du travail des citoyens. Jusqu'à présent, Emmanuel Macron s'est montré beaucoup plus sensible à l'intérêt des industriels plutôt qu'à l'intérêt général sur ces sujets. Il faudra rester vigilant. Tout commence aujourd'hui pour les citoyens. Elaborer, c’est une autre, porter politiquement des mesures en est une autre et il va falloir qu'ils assument un rapport de force avec le gouvernement.

On peut imaginer que dans ce contexte économique, Emmanuel Macron privilégie les mesures qui préservent l'emploi. Les mesures qui ont été d'ores et déjà annoncées sont-elles de nature à préserver l'emploi des Français ?

Tout à fait. Si on prend la rénovation thermique des bâtiments, c’est pourvoyeur d'emplois, pareil pour le développement des énergies renouvelables. Aujourd'hui, il faut se demander à quoi répond l'emploi. Quel est le mandat social des entreprises ? Quelle est la finalité des activités économiques et est-ce qu’elles sont compatibles avec l'accord de Paris ?