Comment le Nord-Pas-de-Calais prépare sa révolution verte

La région s'est offert les services d'un économiste prestigieux afin de répondre aux défis environnementaux de la transition énergétique. 

L\'économiste Jeremy Rifkin, lors d\'une conférence à Lille (Nord), le 14 novembre 2012. 
L'économiste Jeremy Rifkin, lors d'une conférence à Lille (Nord), le 14 novembre 2012.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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Et si l'avenir appartenait à l'ancien bassin minier ? Le conseil régional du Nord-Pas de Calais et la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de région y croient, et y ont mis les moyens : ils ont confié à l'économiste américain Jeremy Rifkin "la construction d’un plan d’action permettant la transition progressive de la région Nord-Pas de Calais vers cette troisième révolution industrielle", ont rapporté lundi nos confrères de France 3 Nord-Pas-de-Calais.

Un séminaire de trois jours s'est achevé mercredi 15 mai à Lille, pour en faire la présentation. A cette occasion, francetv info revient sur cette collaboration entre la région et le prestigieux économiste. 

Un "coach" mondialement estimé

Economiste de la transition énergique, Jeremy Rifkin est également futurologue, voire "gourou", selon Le Figaro.fr. Dans un essai paru en 2012, La Troisième Révolution industrielle, l'Américain détaille son modèle pour l'avenir : "une troisième révolution industrielle liant transition énergétique et technologie de l'information", selon Libérationqui a publié une interview du spécialiste en février. 

Star des consultants, il conseille Rome, Monaco, Utrecht et San Antonio, au Texas. "Il murmure aussi à l'oreille d'Angela Merkel", écrit Le Figaro.fr. Sa mission est destinée à "échafauder, d'ici le mois d'octobre, un 'master plan' (une feuille de route) pour engager cette région de 4 millions d'âmes vers la transition énergétique, industrielle et environnemental", explique le quotidien. Selon Libération, cette mission est facturée 350 000 euros.

Une voix qui fait l'unanimité chez les politiques locaux

"Cet homme est un accélérateur de particules, a reconnu Jean-François Caron, conseiller régional Europe Ecologie-Les Verts, interrogé par Libération (article abonnés). Nous, nous avions tous les éléments en mains, mais ça ne prenait pas."

L'ancien ministre de Jacques Chirac et président de la CCI de région Nord de France, Philippe Vasseur, s'est montré enthousiaste sur Twitter, rapporte France 3 Nord Pas-de-Calais, tout comme le sénateur PS et président de région Daniel Percheron. "C'est la première fois que la région se met en ordre de marche commune avec une profonde cohésion", a-t-il déclaré en conférence de presse mercredi. 

Toujours selon Libération, la mission de Jeremy Rifkin fait consensus parmi les responsables politiques. Elle "a été adoptée à l'unanimité, FN compris", précise le quotidien. 

L'avocat d'un concept

Mais ce sont surtout les concepts développés par l'économiste qui nourrissent les experts régionaux. "Ce qui compte, c'est le passage à l'acte, confirme à Libération l'élu écologiste Jean-François Caron. Sinon, on achète tous le bouquin de Jeremy et ça suffit."

La "troisième révolution industrielle" défendue par Jeremy Rifkin s'appuie sur cinq piliers, dont le "smart grid"Il s'agit de "convertir tous les bâtiments en minicentrales de production d'électricité autonomes", de la stocker et de la distribuer "via des réseaux intelligents, comme Internet", résument nos confrères de France 3 Nord Pas-de-Calais.

Le passage à l'acte appelé par Jean-François Caron est déjà amorcé. Interrogé par Libération, Isam Shahrour, responsable du laboratoire du génie civil à l'université Lille 1, indique que le modèle vanté par Rifkin est déjà en cours de réalisation sur le campus pour être opérationnel en 2014. Son objectif : économiser 30% sur les factures énergétiques du campus et, surtout, montrer l'exemple et rattraper son retard. En effet, la part des énergies renouvelables ne représente que 4% des sources d'énergie utilisées dans la région, écrit Libération, contre 12% au niveau national. Enfin, l'industrie pèse encore pour 49% des dépenses énergétiques de la région, contre 21% dans tout le pays.