Climat : quels sont les pays qui font des efforts ? Et les autres ...

La 18ème conférence sur le climat s'est ouverte à Doha lundi. Jusqu'au 07 décembre, près de 200 pays se retrouvent pour discuter des mesures pour lutter contre le changement climatique. Le protocole de Kyoto arrivant à son terme. Mais les dirigeants du monde ne mettent pas tous le climat dans leur liste de priorités. Qui sont les bons et les mauvais élèves ? Éléments de réponses.

(David Gray Reuters)
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Le 1er janvier 2013, il pourrait ne plus y avoir de
contrainte légale dans le monde pour réduire les émissions de gaz à effet de
serre
(GES).

Le protocole de Kyoto de
1997, visant à obliger les pays à réduire leurs émissions de GES de 5%, arrive
à échéance le 31 décembre 2012. Un nouveau protocole, Kyoto II, semble
difficile à mettre en place car beaucoup de pays, préfèrent mettre de côté
l'environnement et donner la priorité à la croissance économique. Tour
d'horizon des principales divergences.

Les Etats-Unis : jamais
d'accord

Le protocole de Kyoto n'a
jamais été ratifié par les Etats-Unis, qui étaient à l'époque de sa conception,
le premier pollueur mondial. Motif : ce protocole était néfaste à l'économie du pays.

En 2009, après la conférence
sur le climat de Copenhague
, Barack Obama avait promis une
diminution de 17% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, mais le Sénat
américain a refuté de voter en faveur de ce projet de loi.

Comme le rappelle le
Guardian , lors de son discours de victoire à la présidentielle de
novembre dernier, Barack Obama "a évoqué le pouvoir
destructeur du réchauffement climatique
"
. Le président a déclaré vouloir
faire du changement climatique "une mission personnelle ". Il a par
exemple pensé à organiser "une concertation nationale sur les risques
climatiques et mettre en place un consensus bi-partisan pour agir
".
Mais, rappelle le quotidien, même si Barack Obama parle du climat, sa
"principale préoccupation est l'économie ". En temps de crise, on
comprend bien que cela prend toute la place.

Chine, Inde : bien plus pollueurs qu'en 1992

En 1992, lorsque le protocole
de Kyoto a commencé à être envisagé, la Chine et l'Inde n'étaient pas encore
les superpuissances qu'elles sont aujourd'hui. Au niveau de la pollution, la
Chine est désormais le premier de la planète. Pékin a même dépassé la Russie au
deuxième rang des pays émetteurs de dioxyde de carbone, juste derrière les
Etats-Unis.

Le Monde rapporte sur son
site
, une déclaration de Xie
Zhenhua, l'émissaire du président chinois pour le climat : "Il
est injuste et déraisonnable de demander
à la Chine de réduire ses émissions en valeur absolue quand le revenu par
habitant est de seulement 5.000 dollars par an . Dans les pays développés qui
ont échoué à réduire leurs émissions, il est supérieur à 50.000 dollars
".

Ce discours est également tenu par les médias chinois.
Le site China Daily relaye l'argument avancé par l'Inde et les pays en
développement, "les pays développés doivent payer le prix de leur
politique de non restriction d'émission de gaz qu'ils ont pratiquée pendant 200
ans
".

Russie, Japon, Canada : stop sauf si...

En décembre 2011, le Canada
s'est retiré du protocole de Kyoto
. Le ministre de
l'Environnement de l'époque, Peter Kent, a expliqué que "Kyoto ne
fonctionnait pas
". Seule condition pour que le pays soutienne un nouvel
accord visant à réduire les émissions de GES : que la Chine et les
Etats-Unis y participent.

Deux autres pays ont déjà
fait savoir qu'ils suivraient le Canada. La Russie et le Japon. Ils ont prévenu
qu'ils n'accepteraient pas de nouvelles réductions des émissions au-delà du 31
décembre, sauf si Washington et Pékin cèdent.

Union européenne,
Australie : les bons élèves

Quelques pays jouent
cependant le jeu et tentent d'éviter le blocage inévitable de la 18e
conférence sur le climat de Doha. L'Union européenne, l'Australie et l'Ukraine
ont par exemple décidé de réduire leurs émissions de GES, de leur propre
initiative. Malheureusement, cela ne
représente que 12 à 14% des émissions mondiales.

En France, lors de
l'ouverture de la conférence environnementale, en septembre, François
Hollande avait prôné une réduction de 40% des GES en 2030 et 60% en 2050 à l'échelon
européen. Le président français avait ainsi montré qu'il voulait dépasser les
objectifs de l'Union européenne qui sont de -20% de CO2 en 2020.

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