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"Cela reste un gros navire mais cela va dans le bon sens" : les paquebots au gaz naturel liquéfié ouvrent l’ère des croisières un peu plus écolos

Le paquebot de croisière de 337 mètres de long sur lequel embarqueront pour la première fois dimanche des vacanciers français à Marseille fait entrer la croisière dans l'ère d’un transport maritime plus respectueux de l’environnement.

Article rédigé par
Philippe Boccara - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Le Costa Smeralda, à Savonna, en Italie, le 20 décembre 2019. (DANILO VIGO / IPA / MAXPPP)

Pour la première fois en France, des vacanciers embarqueront dimanche 29 décembre à Marseille sur un paquebot de croisière alimenté au gaz naturel liquéfié (GNL). Le Costa Smeralda, avec ses 337 mètres de long et ses 2 612 cabines, sera au départ de Marseille tous les dimanches pour des croisières de sept jours en Méditerranée et ouvre une nouvelle ère dans le monde du transport maritime : celle de bateaux plus respectueux de l’environnement, notamment grâce à un carburant fossile beaucoup moins polluant, le GNL.

Un défi technologique

La compagnie italienne Costa répond en fait aux demandes des associations de défense de l’environnement, qui fustigeaient l'impact des navires de croisière sur l'environnement. Ce paquebot de plus d’un milliard d’euros est ainsi commandé il y a cinq ans aux chantiers navals Meyer en Finlande. Un vrai pari technologique, puisque le gaz naturel liquéfié doit être stocké à -160°C. Défi relevé, pour que le pari de la croisière plus durable soit remporté. "Le GNL est le carburant le plus propre disponible aujourd’hui", assure ainsi Neil Palomba, le président du groupe Costa.   

Des bateaux de plus petite  taille utilisent déjà le GNL mais sur un navire de près de 200 000 tonnes, c’est une première, avec de réelles avancées pour l’environnement. Cela représente par exemple 0% de soufre rejeté dans l’atmosphère, 20% en moins de CO2… 

Georges Azouze, président de Costa France

à franceinfo

À Marseille, des associations de riverains du port se sont mobilisées face aux centaines d’escales de paquebots."C’est une bonne nouvelle mais nous n’applaudiront pas à tout rompre, explique aujourd'hui Gilles Marcel, le président de la fédération Provence-Alpes-Côte d’Azur de France nature environnement. Cela reste un gros navire, avec une pollution moindre mais qui engendre tout de même de la pollution. Mais cela va dans le bon sens."

Au-delà de ce cas relativement unique, il faut que l’ensemble des armateurs et de leurs navires fassent des évolutions qui permettent de rentrer dans des normes beaucoup plus protectrices des citoyens et des riverains.

Gilles Marcel, France nature environnement

à franceinfo

L'association France nature environnement avait mesuré qu'un paquebot à l'arrêt polluait autant qu'un million de voitures, notamment en termes d'émission de particules fines. À Marseille, selon une étude du réseau de contrôle de l’air Atmosud, l’ensemble du trafic maritime (car-ferries, cargos, pétroliers et croisières) contribuerait à hauteur de 5% de la pollution totale en particules fines, 30% pour les oxydes d’azote, facteurs de l’effet de serre. Avec l’arrivée de ce premier navire au GNL, Marseille veut montrer l’exemple. "Dans la croisière, nous avons énormément de bateaux neufs, indique Jean-François Suhas, le président du Club Croisières Marseille-Provence. L’année prochaine, nous aurons 15% de nos escales au GNL et, je pense qu’en 2025 nous serons à la moitié." À Marseille et en Provence, l’activité de croisières représente plus de 300 millions d’euros de retombées économiques.

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