"Boues rouges" : ouverture d'une information judiciaire sur les rejets de l'usine Alteo de Gardanne

L'information a été ouverte lundi. Huit plaignants avaient déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui afin de faire cesser les rejets de cette usine. 

Des ouvriers sur le site de l\'usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), le 12 septembre 2016.
Des ouvriers sur le site de l'usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), le 12 septembre 2016. (BORIS HORVAT / AFP)
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Le pôle santé du tribunal de grande instance de Marseille a ouvert une information judiciaire sur les rejets de l'usine Alteo d'alumine de Gardanne (Bouches-du-Rhône), a annoncé le parquet de Marseille, lundi 18 mars.

Huit plaignants avaient déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui afin de faire cesser les rejets de cette usine qui a notamment déversé des "boues rouges" pendant des décennies dans le Parc national des Calanques. L'information a été ouverte notamment pour "infraction à la législation sur les installations classées", a précisé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. 

"C’est une première victoire puisque le dossier n’est pas classé sans suite, se réjouit Thierry Gauvin, président de l'association Bouc-Bel-Air Environnement, qui figure aussi en tant que personne morale parmi les plaignants. On a pour espoir qu'Alteo soit condamné par rapport à tous ses manquements à la réglementation, l'ensemble de ses préjudices, dont l'envol des poussières."

Des poussières pointées du doigt

Depuis fin 2015, Alteo a cessé ses rejets en mer de "boues rouges" solides, ne déversant plus qu'un effluent liquide. Les rejets solides sont désormais stockés sur un terrain, sur le site de Mange Garri, à Bouc-Bel-Air, près de Gardanne. Les plaignants, parmi lesquels des riverains de la zone de stockage, un pêcheur de La Ciotat, ainsi que l'ONG écologiste ZEA, estiment que les rejets liquides demeurent dangereux pour le milieu marin tout comme les boues stockées à proximité de l'usine et dont les poussières, un jour de fort mistral, avaient recouvert de nombreuses habitations.

On n'est pas naïfs, on sait que ça sera très long, que ça mettra un certain temps avant d'avancer. En espérant que ça pourra aboutir à quelque chose avant 2021, la date à laquelle la gestion du site de stockage de Mange Garri sera renouvelée. Ou non.Thierry Gauvin, l'un des plaignantsà franceinfo

Dans le cadre de notre enquête participative #AlertePollution, de nombreux habitants de Gardanne et Bouc-Bel-Air avaient signalé à franceinfo des poussières rouges qui s'envolaient de l'usine locale. Pourtant, en mai dernier, la secrétaire d'Etat Brune Poirson assurait que "cela n'était plus possible" car des travaux avaient été réalisés.