Comptage des oiseaux d'eau : ils sont "en nette progression", constate Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO

Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), a affirmé sur franceinfo que "les oiseaux d'eau étaient en nette progression" alors que des milliers de bénévoles, comme chaque année à la mi-janvier, vont compter les oiseaux d’eau ce week-end.

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Radio France
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Des guetteurs d'oiseaux le 5 octobre 2019 près de Vaudémont (Meurthe-et-Moselle). Illustration (GUILLEMETTE FRANQUET / FRANCE BLEU SUD LORRAINE / RADIO FRANCE)

Des ornithologues professionnels et amateurs vont se rendre samedi 15 et dimanche 16 janvier sur le terrain dans des réserves humides pour compter les différentes populations d'oiseaux. "C’est un moment émouvant", assure sur franceinfo le président de Ligue de protection des oiseaux.

franceinfo : En quoi consiste ce comptage des oiseaux d’eau ?

Allain Bougrain-Dubourg : On fait, d’une certaine façon, un état des lieux. Dans la réserve de Moëze-Oléron, juste à côté de l'île d’Oléron, on est en train de compter les oiseaux avec des bénévoles pendant 48 heures. Cela représente un milliard 500 millions d'oiseaux comptés et cela nous donne au fond des indicateurs. Ce n’est pas tant le nombre d'oiseaux que nous allons référencer. C'est plutôt : est-ce que les populations, les espèces sont en augmentation ou en diminution ? C'est cela qui nous intéresse dans le travail collectif.

Depuis quand effectue-t-on ce comptage ?

Depuis la fin des années 1960. On constatait qu'il y avait un déclin dramatique des oiseaux d'eau, notamment parce qu'on avait asséché les zones humides, parce qu'il y avait de l'artificialisation, parce qu'il y avait du drainage. On a voulu, à l'initiative de nos amis britanniques, essayer d'avoir un regard sur l'ensemble de la population d'oiseaux. Et on a choisi cette période particulière parce qu'on vit une sorte d'arrêt sur images de la nature. En clair, les migrations d'automne sont largement terminées et les migrations qui conduisent à la reproduction de printemps sont à peine engagées. On est dans une période où les oiseaux sont à peu près figés et sont les moins nombreux de l'année également.

Que constatez-vous ? Il y a plus ou moins d’oiseaux d’eau ?

C’est formidable ! Cela augmente. Globalement, les oiseaux d'eau sont en nette progression, notamment les cygnes, beaucoup de canards. Il y a des spatules, il y a beaucoup de bécasseaux, il y a des chevaliers. Mais il y a aussi des espèces qui, malgré tout, se portent toujours très mal. Je pense à la barge à queue noire, le courlis cendré. On a été obligés d'aller devant le Conseil d'État pour qu'on arrête de les chasser alors que les oiseaux étaient en déclin, d'une grande fragilité. On peut dire que globalement, c'est le résultat du bon travail accompli. En clair, ces réserves, non seulement elles ont été créées, ce sont des lieux de paix pour accueillir les oiseaux, mais elles ont été correctement gérées. On a réussi à stopper la perte des zones humides.

"Il y a des lieux d'accueil qui maintenant portent leurs fruits."

Allain Bougrain-Dubourg

à franceinfo

On parle beaucoup de la disparition des oiseaux, la sixième extinction en ce début de 21e siècle. En fait, tout a commencé dans les années 70. À l'époque, il y avait moins de dix couples de cigognes blanches en France. Aujourd'hui, il y a plus de 3 000 couples. On peut restaurer les espèces. Ce n'est pas gagné pour toutes les espèces. Globalement, si la réglementation est bien appliquée, ce n'est pas toujours le cas, si les espaces d'accueil sont favorables et bien gérés, oui, on peut sauver cette nature si fragile.

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