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Chasse : Emmanel Macron est dans "une logique qui va bien au-delà de faire plaisir à quelques-uns"

Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs, réagit sur franceinfo alors que des associations écologistes accusent Emmanuel Macron de clientélisme.

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Radio France
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Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs. (ISABELLE SOUQUET / RADIO FRANCE)

Emmanuel Macron a accepté de diviser par deux le prix du permis national de chasse, de 400 à 200 euros, comme le réclamaient les chasseurs, a annoncé l'Elysée lundi 27 août. La mesure est saluée par Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs, invité de franceinfo mardi 28 août, qui se félicite surtout d'un "accord global" portant également sur une nouvelle gestion des espèces chassables ou encore sur la création d'une "police de la ruralité". Le président de la République, accusé de clientélisme par les défenseurs de l'environnement, est au contraire dans "une logique qui va bien au-delà de faire plaisir à quelques-uns", selon lui.

franceinfo : Un permis de chasse deux fois moins cher, c'est vraiment nécessaire ?

Thierry Coste : Tout est nécessaire quand on veut que la ruralité se développe. Les chasseurs sont des acteurs forts de la ruralité. Et on ne peut réduire cette rencontre, qui a duré un peu moins de deux heures avec le Président, à la diminution du prix du permis national de chasser. La réalité, c'est que c'est une approche globale qu'on défend. Il y a une volonté d'avoir une action forte en milieu rural en matière de nature. On parle, certes, de la diminution du prix du permis national de chasser, mais on doit parler aussi de la gestion adaptative, de la création d'une vraie police rurale, demandée par les chasseurs, les pêcheurs, les maires ruraux...

C'est une réforme de fond qui n'avait jamais été faite, selon vous ?

C'est une réforme de fond et le président de la République a une écoute formidable, non pas seulement vis-à-vis de la chasse, mais vis-à-vis des acteurs de la ruralité. Et on en fait partie. L'accord est donc vraiment global, y compris sur les chartes d'éthique, sur la chasse à courre avec des restrictions. Aujourd'hui, on a fait des propositions au président de la République qui sont équilibrées.

Ce qui est acté également, c'est l'extension de l'autorisation de chasser pour six espèces d'oiseaux, comme le courlis cendré ou la tourterelle des bois. Le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, parle de "clientélisme pathétique". Que lui répondez-vous ?

La gestion adaptative, telle qu'elle a été négociée hier, c'est de permettre une plus grande souplesse pour autoriser non pas plus d'espèces [chassables], mais parfois plus de chasses pour certaines espèces quand elles vont très bien, ou au contraire de la réduire. Notre ami de la LPO se trompe à peu près sur tout. La France est un eldorado en matière de nature, il est donc normal que les chasseurs français chassent beaucoup plus d'espèces que les autres. On a 1,2 million de chasseurs sur 7 millions en Europe, et on a un territoire géographiquement extraordinaire, de la montagne aux marais. Et cette police de la ruralité que nous demandons va encore plus contrôler les chasseurs. Honnêtement, c'est une logique qui va bien au-delà de faire plaisir à quelques-uns. Si on regarde la population des chasseurs, électoralement, ce n'est pas très rentable, si je ne m'abuse.

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