Alpes-Maritimes : qu'est devenu le loup de Valberg, recueilli par les habitants et équipé d'un GPS ?

Après la découverte suspecte du collier GPS de l'animal il y a quelques semaines, les experts, les associations de protection de la faune sauvage et les riverains se demandent si le loup de Valberg a été braconné.

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Un loup dans le parc du Mercantour, en 2012 (illustration). (VALERY HACHE / AFP)

Les associations de protection de la faune sauvage s'interrogent : qui a tué le loup de Valberg ? Dans ce village des Alpes-Maritimes, où il avait été recueilli en novembre 2019, les habitants se posent des questions, après la découverte il y a quelques semaines du collier GPS de l'animal.

"Il passait devant chez nous. Au départ, j'ai cru que c'était un renard, et finalement, en observant bien, c'était un loup", se souvient Claudine, habitante de Valberg, qui a recueilli le louveteau alors âgé de six mois. "C'était un bébé, il devait faire 10 kilos à tout casser. Il se nourrissait des gamelles des chats".

"On l'avait appelé Chance, parce qu'on s'est dit qu'avec nous, il avait eu la chance d'être sauvé."

Claudine, une habitante de Valberg

à franceinfo

Ni peureux, ni effrayant, le louveteau avait fait son apparition aux portes de la station de ski. "Est-ce qu'il aura la chance de vivre, on ne sait pas, mais en attendant, il a eu sa chance avec nous", ajoute Claudine. L'animal est probablement un orphelin, dernier survivant de sa meute. "Il y a eu quatre ou cinq tirs de prélèvement sur ce troupeau, indique Thierry Schwab, correspondant de Ferus, association de protection des animaux sauvages. Ce louveteau était livré à lui-même. Ses frères et sœurs ont dû mourir. Pour qu'il traverse une station de ski en plein jour, c’est bien qu’il y a un problème. Ce n’est pas un comportement normal pour un animal sauvage."

L'animal est ensuite récupéré par l'office de la biodiversité, puis relâché en août 2020 entre la Drôme et l'Isère, muni d'un collier GPS. Depuis, on était sans nouvelles du loup, jusqu'à la découverte de son collier déchiré, fin janvier, au sud du Vercors. C'est Michel Castro qui l'a trouvé devant son domicile. "On a vu un petit encart sur lequel était marqué : 'Si vous trouvez ce collier, prévenez l’Office national de la chasse et de la faune sauvage’, ce que j'ai fait", raconte-t-il. À l'arrivée de l'agent de l'Office, "il regarde le collier posé sur la chaise et me dit 'ça, c’est le collier du loup de Valberg'", se souvient Michel.

La crainte d'un braconnage

Ancien berger, plutôt favorable à la cohabitation avec les loups, Michel Castro se demande si le collier n'a pas été déposé devant chez lui par provocation. Pour les associations de protection des animaux sauvages, l'animal a été braconné, justement parce qu'il portait un collier. "En France, à chaque fois qu'on met un collier à un loup, on le retrouve mort, braconné et tué, dans les semaines qui suivent", regrette Roger Mathieu, responsable du suivi du loup en Auvergne-Rhône-Alpes pour France Nature Environnement.

>> VIDÉO. Faut-il réduire la population de loups en France ?

"Ce n'est pas certain que ce soit le cas pour le loup de Valberg, mais c'est quand même très probable, estime Roger Mathieu. Il faut savoir que les groupes de pression agricoles ne veulent pas qu'on parle des loups, qu'on les étudie, car le loup ne doit plus exister en France selon eux." L'enquête sur la disparition du loup de Valberg a été confiée à l'Office français de la biodiversité.

Des zones d'ombres sur la disparition du loup de Valberg : le reportage d'Alain Gastal
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