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Mort de Rémi Fraisse : les PV d'auditions des gendarmes "n'ont jamais été portés à la connaissance" de Cazeneuve

Le ministre de l'Intérieur veut prouver que "rien n'a été caché", après les révélations des conversations des gendarmes, la nuit de la mort de Rémi Fraisse, à Sivens.

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Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, lors d'une conférence de presse place Beauvau, à Paris, le 6 novembre 2014. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Il assure qu'il ne savait rien. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est une nouvelle fois défendu, jeudi 13 novembre, d'avoir cherché à cacher la cause de la mort de Rémi Fraisse, dans la nuit du 25 au 26 octobre. Les PV d'auditions des gendarmes, rendus publics mercredi par plusieurs médias, "n'ont jamais été portés à ma connaissance, ces éléments-là ont été portés à la connaissance de ceux qui font l'enquête", sur France Inter.

Bernard Cazeneuve raconte ainsi comment il a été informé de la mort du jeune opposant au barrage de Sivens : "J'ai appris dans la matinée de dimanche qu'il y avait eu un mort à Sivens (...) de mon cabinet, mais également du directeur général de la gendarmerie, qui m'ont donné les informations suivantes : la mort de Rémi Fraisse, ensuite le fait qu'une grenade offensive avait été lancée, mais que la gendarmerie considérait qu'elle n'était pas à l'origine de la mort pour des raisons qui tiennent au fait qu'aucune grenade offensive n'a occasionné la mort de manifestants au cours des dernières années".

Des rapports de gendarmerie contradictoires

Pourtant, d'après les PV consultés par Le Monde, lors de cette nuit du 25 au 26 octobre, les militaires repèrent, grâce à leurs jumelles de vision nocturne, un manifestant tombé à terre juste après un tir de grenade offensive. A 1h53, un des gendarmes ordonne alors l'arrêt des tirs, et à 2 heures, un peloton fait une sortie pour récupérer le blessé. A 2h03, un gendarme s'écrie, alors que l'infirmier de l'escadron tente les gestes de premier secours : "Il est décédé, le mec ! Là, c'est vachement grave… Faut pas qu'ils le sachent !"

En outre, sur le journal de bord du Groupement tactique gendarmerie (GTG), consulté par Mediapart, les gendarmes mobiles écrivent "un opposant blessé par OF", qui désigne une grenade offensive, arme dont seuls les militaires sont dotés, et que seuls leurs gradés peuvent utiliser, selon Mediapart. Et moins de quinze minutes plus tard, le journal de bord indique : "Opposant blessé serait décédé. Hémorragie externe au niveau du cou". Un compte-rendu d'intervention semble également établir un lien etre le jet de grenade et la chute du manifestant.

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