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Barrage de Sivens : entre tension et interpellations, récit de la journée d'évacuation de la ZAD

Le gouvernement a mis fin, vendredi, à seize mois d'occupation du site de ce projet contesté. Une décision qui intervient après le vote du conseil général du Tarn pour un ouvrage réduit par rapport au projet initial. Récit de la journée.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Des gendarmes évacuent les derniers opposants au projet de barrage de Sivens (Tarn), le 6 mars 2015. (PASCAL PAVANI / AFP)

C'est la fin de seize mois d'occupation pour la zone à défendre (ZAD) de Sivens (Tarn). Les forces de l'ordre ont évacué, vendredi 6 mars, les militants écologistes qui occupaient le site du barrage controversé après que le conseil général a décidé d'abandonner le projet initial et de le "redimensionner".

L'ordre d'évacuation a été donné à la mi-journée et la quarantaine de "zadistes" restés sur place ont été expulsés sans incident majeur. Une partie d'entre eux avait déjà quitté le site vendredi matin. Récit de la journée. 

11h15 : le conseil général redimensionne le projet et demande l'expulsion des "zadistes"

Le président de l'assemblée départementale Thierry Carcenac (PS) obtient une majorité massive (43 voix sur 46) en faveur d'un barrage qualifié de "Sivens light", car pratiquement réduit de moitié par rapport au projet initial. Toutefois, la taille et l'emplacement exacts de la future retenue d'eau sont renvoyés à des études complémentaires qui pourraient durer au moins deux ans. Les élus se prononcent également à la quasi-unanimité pour une "expulsion sans délai" des zadistes.

"En raison du climat de violence", le ministre avait fait interdire par le préfet les deux manifestations opposées prévues devant le conseil général à Albi, pendant les débats de l'assemblée départementale.

L'annonce de l'expulsion fait paradoxalement baisser d'un cran la tension exacerbée entre les 200 agriculteurs favorables au barrage et les "zadistes". Après le vote du conseil général, les agriculteurs décident de lever leur blocus du site.

12 heures : les gendarmes investissent la ZAD

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve ordonne "l'évacuation" dans la foulée. Une partie des 300 gendarmes, qui entouraient la ZAD depuis le début de la semaine pour empêcher les heurts entre agriculteurs et militants antibarrage, pénètre alors sur le site.

Les activistes se regroupent alors que la gendarmerie pénètre dans la ZAD, le 6 mars 2015. (PASCAL PAVANI / AFP)

Les derniers irréductibles se regroupent sur le lieu même de la mort du jeune écologiste Rémi Fraisse, tués le 26 octobre par l'explosion d'une grenade offensive lancée par la gendarmerie.

14 heures : les opposants sont évacués

Peu après 14h15, les gendarmes attrapent à bras-le-corps les opposants, qui tentent une résistance passive en s'accrochant les uns aux autres, pour les évacuer du site. Après avoir cerné les militants, les gendarmes mobiles s'emparent d'une trentaine de récalcitrants. "Les forces de l'ordre ont alors entamé les évacuations une par une. A 14h30, le site était évacué à l'exception des récalcitrants 'perchés'", rapporte France 3 Midi-Pyrénées.

Les gendarmes évacuent un opposant au projet de barrage de Sivens (Tarn), le 6 mars 2015. (PASCAL PAVANI / AFP)

Le gros de la troupe est ensuite escorté vers la sortie du site, marquant la fin de seize mois d'occupation. 

Bernard Cazeneuve affirme que 21 personnes ont été interpellées, dont certaines ont été placées en garde à vue "pour attroupement interdit et violences sur agents de la force publique""Aucun blessé nécessitant des soins ou une hospitalisation n'est à déplorer", précis le ministre de l'Intérieur. Le Premier ministre, Manuel Valls, promet de son côté "une réponse extrêmement déterminée, extrêmement ferme de l'Etat" à l'encontre de "ceux qui continueraient sur le terrain à s'opposer à la légitimité des élus du territoire".

16 heures : le camp est démonté 

Vers 16 heures, les forces de l'ordre présentes sur le site démontent les cabanes des occupants. Deux escadrons (soit 150 gendarmes) vont rester sur la zone "le temps nécessaire", expliquent-ils à notre journaliste.

 

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