Attaques de goélands : trois méthodes pour essayer de leur voler dans les plumes

Dans plusieurs villes de France, comme en Angleterre, les oiseaux marins ont agressé des passants à coups de bec. Forçant les mairies à trouver des solutions.

Un goéland veille sur la ville de Nice, le 19 juin 2015. 
Un goéland veille sur la ville de Nice, le 19 juin 2015.  (SYLVESTRE / MAXPPP)
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Les goélands s'installent en ville, et cela pose quelques problèmes de cohabitation. Dans plusieurs villes de France, comme en Angleterre, les oiseaux marins ont attaqué des passants à coups de bec. Certains dérobent même de la nourriture sur les étals comme à Vannes où un goéland s'est enfui avec un maquereau. Le coupable, qui serait un récidiviste, a été pris en flagrant délit par le Télégramme

Francetv info fait le tour des communes où les goélands sèment la pagaille. Sur place, les habitants s'agacent et les municipalités prennent des mesures contre les volatiles.

La plus radicale (et interdite) : à Nice, les volatiles tués au fusil

Les cadavres de deux oiseaux ont été retrouvés par des riverains, mardi 9 juin, à Nice (Alpes-Maritimes). Ils ont été abattus par balles. "C'est en descendant dans le parking, que j'ai découvert le goéland par terre", raconte Eric Magade, un habitant, à Nice-Matin. Une plainte a été déposée par la Société de défense des animaux, d'autant que l'espèce est protégée.

Les oiseaux marins agacent particulièrement les Niçois. A tel point que la mairie craint que ces actes se reproduisent. "Si on ne réagit pas, des particuliers vont empoisonner les goélands, leur donner des coups de fusil, etc.", s'inquiètait Hélène Saliceti, conseillère municipale déléguée à la protection animale, dans Nice-Matin mardi 21 juillet.

Mais que faire contre cette invasion ? La municipalité a pris la décision de s'attaquer aux nids des oiseaux. Une campagne de stérilisation est prévue l'année prochaine, en avril et mai 2016 au moment de la ponte. La méthode a été validée en amont par la préfecture. La ville va également recenser les nids et compter les goélands pour "cerner l'évolution de l'espèce".

La plus technologique : à Trouville, un drone pour détruire les œufs

A Trouville-sur-Mer (Calvados), les équipes municipales sont rôdées. Depuis cinq ans, la commune injecte un produit qui détruit les œufs des goélands. La méthode consiste à pulvériser un mélange de formol et d’huile de paraffine afin d’empêcher l’éclosion.

Petite nouveauté, un drone a été utilisé en mai 2015 pour atteindre les nids des oiseaux marins. "Les drones épandront sur les œufs le même produit stérilisant que celui utilisé jusqu’ici, mais sans déranger les propriétaires. Il n’y a pas besoin de monter sur les toits et c’est sans risque pour le personnel qui pilotera les drones à distance", expliquait alors Christian Cardon, le maire de Trouville-sur-Mer, au site Normandie Actu. Il précise d'ailleurs qu'en 2015 un technicien était tombé d'un toit lors d'une opération de stérilisation.

La plus logique (mais pas la plus efficace) : à Calais, 15 000 euros pour les stériliser

La municipalité de Calais (Pas-de-Calais) a lutté pendant trois ans pour obtenir une dérogation à l’arrêté préfectoral interdisant la destruction d’œufs de goélands, rapporte La Voix du Nord vendredi 14 août. Cette fois, la mairie a eu gain de cause et pourra stériliser les œufs, comme à Trouville. Pour mener cette opération, la Ville a déboursé 15 000 euros.

Une somme conséquente pour une mesure dont l'efficacité serait limitée. "Brest et Le Havre stérilisent chaque année, et ça dure depuis quinze ans… Une fois que les œufs sont pondus, même s’ils sont stérilisés, les oiseaux les couvent. Il y a toujours du bruit et des fientes", avance Alain Ward, coordonnateur au Groupe ornithologique et naturaliste du Nord-Pas-de-Calais, cité par La Voix du Nord.

Selon l'ornithologue, il vaudrait mieux installer des "pics anti-oiseaux près des conduits de cheminée" pour que les goélands ne puissent pas construire de nids. La stérilisation n'a d'ailleurs pas convaincu la ville de Cherbourg (Manche). Depuis 2011, elle ne neutralise plus les nids de goélands. Il faut dire que la municipalité dépensait 30 000 euros chaque année, et ce depuis dix ans.