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Après une nouvelle enquête sur le Bisphenol A (BPA), l'Afssa a constaté des "effets subtils" sur de jeunes rats

Dans son rapport rendu public vendredi, l'Agence de sécurité sanitaire des aliments indique vouloir "poursuivre son travail d'expertise" pour comprendre "ces signaux d'alerte".En attendant, elle recommande "d'éviter de chauffer à trop forte température l'aliment" contenu dans des biberons contenant du BPA ou dans des récipients en polycarbonate.
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Bisphénol A : alerte aux biberons plastiques (France 3)

Dans son rapport rendu public vendredi, l'Agence de sécurité sanitaire des aliments indique vouloir "poursuivre son travail d'expertise" pour comprendre "ces signaux d'alerte".

En attendant, elle recommande "d'éviter de chauffer à trop forte température l'aliment" contenu dans des biberons contenant du BPA ou dans des récipients en polycarbonate.

En 2008, l'Afssa avait conclu à l'absence de risque du produit. En 2009, elle avait rouvert son étude après la publication de nouvelles études scientifiques internationales.

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a demandé "le retrait immédiat des biberons contenant du bisphénol A". Alors qu'"à la demande des élus Verts, la mairie de Paris a retiré tous les biberons au Bisphenol A dans ses crèches" et que "le gouvernement canadien a pris des mesures d'interdiction en 2008", le gouvernement français, "après avoir longtemps nié le problème, refuse toujours cette décision et commande des études supplémentaires", a ajouté la tête de liste Europe écologie en Ile-de-France.

Gérard Bapt, député socialiste de Haute-Garonne, ainsi qu'André Cicolella, porte-parole du Réseau environnement santé, ont regretté vendredi que, tout en reconnaissant un problème avec le Bisphénol A, l'Agence sanitaire des aliments n'en tire pas les conséquences.

Dans son rapport, l'agence relève "des effets subtils, observés en particulier sur le comportement après une exposition in utero et pendant les premiers mois de vie chez de jeunes rats". Cela la conduit à "poursuivre son travail d'expertise" afin de "comprendre la signification en terme de santé humaine de ces signaux d'alerte, éclairer le consommateur et permettre aux pouvoirs publics de prendre des mesures appropriées".

L'Afssa souhaite aussi "définir rapidement une méthodologie adaptée à la détection d'une toxicité potentielle, chez l'homme et à basse dose, du BPA mais aussi des produits de substitution et plus largement des perturbateurs endocriniens" - substances qui interfèrent avec le développement du système hormonal.

"C'est positif que l'Afssa consente à prendre la mesure de toutes les études sorties récemment", a encore indiqué M.Bapt, qui a déjà interdit la commercialisation des biberons contenant du BPA dans la petite ville de Saint-Jean (Haute-Garonne) dont il est maire. Il a regretté cependant qu'il ait fallu attendre que la FDA, l'agence américaine, "lance une alerte pour que l'Afssa bouge" et qu'elle n'ait pas jugé utile de donner des "préconisations".

Estimant qu'il y a "urgence", il a souligné que la balle était désormais "dans le camp de la décision politique". "J'appelle à nouveau la ministre de la Santé (Roselyne Bachelot) à faire une recommandation de précaution, en priorité vis-à-vis des femmes enceintes", a-t-il dit.

André Cicolella a regretté lui aussi que l'Afssa "veuille bien reconnaître un problème mais n'en tire pas les conséquences en termes de norme", puisqu'elle ne "remet pas en cause" la Dose journalière admissible. "Ils ne remplissent pas leur rôle en ne définissant pas la norme", a-t-il conclu.

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