Antarctique : un immense iceberg, grand comme 15 fois la taille de Paris, s'est détaché de la banquise

Il y a deux ans, un iceberg d'une taille quasiment identique s'était déjà formé dans la même zone où s'observent de vastes fissures dans la glace, selon des scientifiques britanniques qui précisent que ce phénomène n'est pas causé par le réchauffement climatique.
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La faille Larsen C, dans la glace, en Antarctique, le 14 juillet 2017. (BRITISH ANTARCTIC SURVEY / AFP)

Il fait 1 550 kilomètres carré, soit plus de 15 fois la superficie de la ville de Paris. Un immense iceberg s'est détaché de la banquise, en Antarctique, ont annoncé, lundi 23 janvier, des scientifiques britanniques du British Antarctic Survey (BAS). Le bloc de glace s'est désolidarisé du continent glacé dimanche, entre 20 et 21 heures (heure française), lors d'une marée de forte amplitude qui a agrandi une fissure existante sur la glace, baptisée Chasm-1, a détaillé l'organisme de recherches sur les zones polaires, dans un communiqué.

Même si la région est menacée par le réchauffement climatique, ce phénomène n'est pas dû à la hausse moyenne de la température sur la planète, ont fait savoir les scientifiques qui travaillent notamment depuis la station de recherches britannique Halley VI, installé de la région polaire baptisée Barrière de Brunt.

"Ce détachement était attendu et constitue un comportement naturel de la barrière de Brunt", a expliqué le glaciologue Dominic Hodgson, cité dans le communiqué.

Un écosystème fragile

Les glaciologues, présents sur place de novembre à mars, y observent depuis une dizaine d'années la progression de vastes fissures dans la glace. Il y a deux ans, un iceberg d'une taille quasiment identique s'était déjà formé dans la même zone.

Le continent subit toutefois les affres du réchauffement du climat, avec des températures record enregistrées l'an dernier, comme ailleurs sur la planète. L'étendue de la glace y a atteint en février 2022 le minimum jamais enregistré en 44 ans d'observations satellites, affirmait récemment le rapport annuel du programme européen sur le changement climatique Copernicus. En 2021, la fonte complète d'un iceberg, à 4 000 km au nord du lieu où il s'était détaché de la banquise en 2017, avait relâché plus de 150 milliards de tonnes d'eau douce mêlée à des nutriments, inquiétant les scientifiques de l'impact du phénomène sur un écosystème fragile. 

La fonte de la calotte glaciaire Antarctique, attribuée au réchauffement climatique liés aux activités humaines, entraîne une hausse du niveau des océans aux conséquences graves sur l'ensemble de la planète. "La perte de masse de l’Antarctique a triplé sur la période 2007–2016 par rapport à la période 1997–2006", notait en 2020 un rapport dédié à la cryosphère (lien en .pdf) des experts de l'ONU sur le climat, le Giec. 

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