Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Pour "Envoyé spécial", un journaliste biélorusse filme la jeunesse révoltée de son pays

Andreï Vaitovitch, 26 ans, est journaliste. Depuis deux mois, il couvre pour des médias francophones les événements qui secouent son pays, la Biélorussie. Pour "Envoyé spécial", il a rencontré les piliers de la "révolution" en cours : les jeunes de son âge. Voici un extrait de son reportage.

Andreï Vaitovitch est journaliste. Depuis deux mois, il couvre pour les médias francophones les événements qui secouent son pays : le Bélarus – il ne dit jamais "Biélorussie", un nom associé à la période soviétique. Il travaille clandestinement, le pouvoir n'accréditant pas les journalistes des médias étrangers.

Pour "Envoyé spécial", Andreï a rencontré les piliers de la révolution en cours : des jeunes de son âge, qui ont tous choisi de montrer leur visage. Que ce soit dans la capitale Minsk ou en région, ils n'ont connu qu'un seul président, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis... vingt-six ans, l'âge d'Andreï.

"Nous avons tout le potentiel pour être un pays cool et développé"

Sa réélection le 9 août 2020, au terme d'un scrutin que l'opposition dénonce comme frauduleux, a jeté des dizaines de milliers de manifestants dans la rue. La jeunesse, en particulier, ne veut plus du dictateur. "On veut vivre dans un pays démocratique, où on aurait des droits, déclare Nastia, 20 ans, étudiante. On voudrait aussi que le pays évolue, parce que nous nous rendons compte que nous vivons au cœur de l'Europe, et que nous avons tout le potentiel pour être un pays cool et développé." 

Malgré la répression qui ne faiblit pas – les forces anti-émeute, appelées "OMON" comme en Russie, n'hésitent plus à malmener les manifestantes et à les jeter en prison –, la jeune fille participe à la marche des femmes qui a lieu tous les samedis. "Je sais pourquoi je suis dans la rue, et c'est plus fort que la peur", confie-t-elle.

"Je sais pourquoi je suis dans la rue, et c'est plus fort que la peur"

Derrière elle marche une petite femme aux cheveux blancs coupés court. "C'est une figure de la révolte, explique Nastia, une des contestataires les plus célèbres de l'histoire du Bélarus." Nina Boginskaïa, 73 ans, est très populaire auprès des jeunes. Elle a confectionné elle-même son drapeau blanc-rouge-blanc. C'est l'ancien drapeau du Bélarus, devenu pour les manifestants un symbole de liberté. Nina, elle non plus, n'a pas peur : "Le peuple ne se résignera plus !" affirme-t-elle.

Ce jour-là, 390 personnes seront pourtant arrêtées, dont Nina Boginskaïa elle-même. Le lendemain, le journaliste et les amis de Nastia la reverront dans la rue, de nouveau en train de manifester. Andreï filme une scène qui fait trembler la jeune fille : des hommes en uniforme vert fonçant sur la vieille dame pour lui arracher son drapeau. Depuis le 9 août dernier, la violence policière s'exerce sans retenue contre les manifestants, et les récits de tortures se multiplient.

Extrait de "Biélorussie, la jeunesse révoltée", un reportage diffusé dans "Envoyé spécial" le 8 octobre 2020.

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Pour \"Envoyé spécial\", un journaliste biélorusse filme la jeunesse révoltée de son pays 
Pour "Envoyé spécial", un journaliste biélorusse filme la jeunesse révoltée de son pays  (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)