Biélorussie : Maria Kolesnikova, figure de l'opposition, a été arrêtée à la frontière ukrainienne

Ses partisans dénonçaient un enlèvement, depuis sa disparition, lundi.

Maria Kolesnikova lors d\'une conférence de presse des membres du conseil de transition, à Minsk en Biélorussie, le 24 août 2020.
Maria Kolesnikova lors d'une conférence de presse des membres du conseil de transition, à Minsk en Biélorussie, le 24 août 2020. (EVGENY ODINOKOV / SPUTNIK / AFP)

"Kolesnikova est actuellement détenue." C'est ce qu'a déclaré mardi 8 septembre Anton Bytchkovski, le porte-parole des gardes-frontières biélorusse, confirmant l'information selon laquelle une figure de l'opposition, Maria Kolesnikova, dernière des trois figures féminines de la campagne présidentielle contre le président contesté Alexandre Loukachenkoa été arrêtée à la frontière avec l'Ukraine.

"Une procédure est en cours afin d'évaluer la situation d'un point de vue juridique", a ajouté le porte-parole des gardes-frontières sans plus d'explications. Selon lui, deux autres membres du Conseil de coordination de l'opposition, qui vise à organiser une transition du pouvoir, ont passé la frontière : Anton Rodenkov et Ivan Kravtsov. Les deux autres figures féminines du mouvement, Svetlana Tikhanovskaïa et Veronika Tsepkalo, se sont déjà exilées.

Incarcération ou exil contraint

Maria Kolesnikova, 38 ans, avait disparu lundi à Minsk, "enlevée" selon ses partisans et embarquée dans un véhicule contre son gré. Nombre de figures de l'opposition, membres ou non du Conseil de coordination, ont été contraints à l'exil ou incarcérés ces dernières semaines, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans, faisant face à une mobilisation sans précédent contre lui.

Mais malgré cette répression, depuis un mois, un mouvement de protestation réclamant son départ, réunissant notamment chaque dimanche plus de 100 000 personnes à Minsk, se prolonge pour dénoncer sa réélection, jugée frauduleuse, le 9 août avec 80% des voix face à Svetlana Tikhanovskaïa, une prof d'anglais de formation sans expérience politique, qui s'était lancée dans la course à la présidentielle, pour remplacer son mari emprisonné depuis le printemps.