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Egypte : la police a laissé faire la "marche du dernier avertissement"

Au lendemain d'une nuit de manifestations autour du palais présidentiel au Caire, alors que des centaines d'opposants encerclent encore les lieux, Mohamed Morsi a repris ses activités au palais. Le fait le plus marquant reste la passivité de la police égyptienne, habituellement réputée pour sa répression massive. Précisions, avec la correspondante de France Info en Egypte, Vanessa Descoureaux.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
 (Amr Dalsh Reuters)

Les murs du palais
présidentiel du Caire sont désormais taggués d'inscriptions anti-Morsi. Depuis
mardi soir, des opposants au président égyptien sont rassemblés autour du siège
du pouvoir
présidentiel en Egypte. Les manifestations de mardi, qui se sont
également déroulées sur la place Tahir et dans d'autres villes, sont les plus
importantes manifestations en Egypte depuis la fin du régime d'Hosni Moubarak. A
dix jours d'un référendum sur la Constitution, elles font suite au très
contesté décret du 22 novembre dernier, qui confère à Mohamed Morsi des
pouvoirs élargis.

Le fait le plus marquant
de cette nuit de manifestations est le rôle trouble de la police, qui n'a pas
assuré la sécurité du palais. Après seulement quelques minutes de face à face
aux abords du palais, la police s'est retirée, laissant les manifestants
arriver devant les portes. Impossible toutefois de savoir s'il s'agissait d'un
ordre ou si les policiers ont agi spontanément. "Souvenez-vous de ce
que l'on est en train de faire pour vous quand on sera ensuite jugés
",
a affirmé un agent au moment où il s'écartait pour laisser passer les
opposants. Un comportement inhabituel pour la police égyptienne, qui bénéficie
d'une mauvaise réputation à cause de ses actions très violentes.

Morsi était-il au
palais ?

Plusieurs sources
affirment que le président Mohamed Morsi n'était pas dans le palais au moment
où les manifestants ont encerclé les lieux. Une vidéo, diffusée sur Internet,
montre un convoi partir sous les huées et les insultes ; mais rien ne prouve
que le président était à l'intérieur. Morsi aurait pu en réalité partir
beaucoup plus tôt, après la fin de sa journée de travail, et regagner son
domicile, étant donné qu'il n'habite pas dans le palais présidentiel. Quelques centaines de manifestants s'étaient
d'ailleurs réunis devant son domicile personnel, mardi soir.

Mercredi matin, un responsable a indiqué que le chef d'Etat avait regagné l'enceinte du palais présidentiel pour y reprendre son travail.

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