Edward Snowden : "J'étais espion pour la CIA et la NSA"

Dans une interview pour une chaîne américaine enregistrée mardi soir à Moscou, Edward Snowden entend réfuter l'idée propagée, d'après lui, par Washington selon laquelle il n'est qu'un "analyste de base". Il affirme avoir travaillé en tant qu'espion sous couverture à l'étranger pour la CIA, la NSA et l'agence de renseignement du Pentagone.

(© NBC - Edward Snowden a accordé mardi soir un entretien à la chaîne NBC, à Moscou, où il vit en exil.)

Il n’était ni un "analyste de niveau inférieur ", ni un "administrateur système de seconde zone ", ni un prestataire de la CIA, mais bien un agent de premier plan. Visiblement, Edward Snowden, qui a dévoilé plusieurs programmes de surveillance de masse américain classés top-secret, n’a pas apprécié que Barack Obama le traite de jeune hacker délinquant. Il a même pour la première fois accordé un entretien télévisé, à la chaîne américaine NBC, pour le souligner. Cette interview enregistrée mardi soir à Moscou, où il vit en exil, sera diffusée ce mercredi soir. Des extraits ont déjà été rendus publics.

"J’ai été entraîné comme un espion au sens littéral du terme. J’agissais sous couverture à l’étranger, en prétendant faire un travail que je ne faisais pas, sous un nom qui n’était pas le mien. Et je le faisais pour le compte des Etats-Unis"

 

Snowden se livre sur la chaîne américaine NBC
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Le gouvernement américain, s’indigne-t-il, s’efforce de "mettre en avant une expérience que j'ai eu dans ma carrière pour détourner l’attention de la totalité de ma biographie ".

Il a "travaillé pour la CIA, la NSA et le Pentagone "

Aujourd’hui poursuivi par le gouvernement pour espionnage et vol de documents gouvernementaux, l’informaticien indique qu’il a "travaillé pour la CIA, pour la NSA à l’étranger et pour l’agence de renseignement du Pentagone ", où il était chargé de "développer des réseaux et des méthodes pour préserver nos informations et la sécurité des gens dans les zones les plus dangereuses de la planète ". Il précise également avoir enseigné dans un centre de formation au contre-espionnage.

Le jeune homme, qui maintenant 30 ans, se décrit comme un "expert technique ". "Je ne travaillais pas avec d'autres personnes. Je ne recrutais pas d'agents. Je rendais des systèmes opérationnels pour les Etats-Unis. Et j'ai fait cela à tous les niveaux, du bas de l'échelle jusqu'au sommet ".

Toujours dans son rôle de "dire au public ce qui est fait en son nom ", le lanceur d’alerte a ajouté que "les Etats-Unis tendent aujourd'hui à obtenir des renseignements plus nombreux et de meilleure qualité grâce aux ordinateurs plutôt que grâce aux individus, ce n'est pas un secret ".

1,7 million de documents en sa possession

Donc, achève-t-il, "quand ils disent que je suis un administrateur de système informatique de seconde zone, je ne vois pas de quoi ils parlent et je trouve cela fallacieux ". Barack Obama, qui doit justement prononcer ce mercredi un discours important de politique étrangère, appréciera.

L’ancien agent a déjà fait passer une année difficile au gouvernement américain en 2013, en le mettant face à la révélation de ses programmes de surveillance secrets. Les Etats-Unis se sont brouillés du même coup avec plusieurs alliés, furieux d’apprendre l’ampleur de cet espionnage, parfois jusque dans leurs conversations privées. Certains Américains voient en Snowden un traître et un criminel mettant en danger la sécurité nationale et les services de renseignements.

Edward Snowden, qui a fui Hong Kong et obtenu le statut de réfugié pour un an en Russie, aurait emporté avec lui environ 1,7 million de documents digitalisés. Certains de ces documents ont déjà été rendu publics dans la presse, à travers des titres du monde entier. Glenn Greenwald, journaliste américain, est le seul, avec Snowden, à disposer de la totalité des documents. Il était l'invité ce mercredi matin de France info. Il a indiqué que l'ex-agent "ne regrette rien " : "il est serein dans ses choix et très heureux des soutiens qu'il a reçu s".