Des heurts dans la vieille ville de Jérusalem

Plusieurs personnes ont été blessées lors d'affrontements dimanche entre Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes

Jérusalem
Jérusalem (© France)
Plusieurs personnes ont été blessées lors d'affrontements dimanche entre Palestiniens et forces de l'ordre israéliennesPlusieurs personnes ont été blessées lors d'affrontements dimanche entre Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes

Une dizaine de personnes ont été blessées, dont une grièvement, selon un photographe de l'AFP présent sur les lieux. La police a annoncé 11 arrestations. Un calme tendu règne depuis.

Ces incidents surviennent alors qu'Israël célèbre à compter de dimanche soir le Grand Pardon (Yom Kippour), marqué par un jeûne de 25 heures et des prières.

De source policière, de premiers heurts ont éclaté dans la matinée sur l'esplanade des Mosquées : croyant qu'il s'agissait d'un groupe de fidèles juifs venus prier, 150 musulmans les avaient attaqués à coups de pierres.

Mais si des juifs religieux se trouvaient bien à proximité du site, le groupe attaqué "était constitué de touristes français non juifs visitant l'esplanade", a précisé à l'AFP le porte-parole de la police de Jérusalem , Shmouel Ben Rubin.

L'un des juifs religieux présents, Yehuda Glick, a indiqué à que son groupe, composé de 200 personnes, se trouvait pour sa part aux abords de la vieille ville, du côté de la porte des Maghrébins, qui mène au mur des Lamentations et permet d'accéder à l'esplanade.

Selon les témoignages recueillis, de jeunes Palestiniens ont ensuite affronté les forces de l'ordre déployées en nombre dans les ruelles de la Vieille ville en leur jetant des pierres, les policiers répliquant avec des grenades assourdissantes.

Le photographe de l'AFP a rapporté que des appels à se rassembler aux abords de l'esplanade avaient au préalable été lancés des minarets de la Vieille Ville.

Le courroux des organisations palestiniennes


L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a accusé les autorités israéliennes de "crime nécessitant l'intervention immédiate de la communauté internationale" et averti que de telles actions "détruisent tous les efforts pour ramener la paix et établir un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale".
De son côté, le mouvement islamiste Hamas, qui a dénoncé un "crime sioniste", a organisé des manifestations de protestation dans la bande de Gaza sous son contrôle, qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes.
Dans la ville même de Gaza, 3.000 personnes ont ainsi manifesté "pour la défense de la mosquée d''Al Aqsa", ont rapporté des témoins.
La Jordanie a de son côté condamné "l'escalade" israélienne et convoqué l'ambassadeur d'Israël, et la Ligue arabe a fait part de son "extrême colère", parlant d'agression préméditée des forces israéliennes.

Le précédent de la visite d'Ariel Sharon


L'esplanade, qui abrite les mosquées Al-Aqsa et du dôme du Rocher, est considérée comme le 3e lieu saint de l'islam. Bâtie sur le site du Temple juif détruit par les Romains en l'an 70 de l'ère chrétienne, dont l'ultime vestige est le Mur occidental (des Lamentations), haut lieu du judaïsme, elle se trouve dans la Vieille ville, dans le secteur oriental conquis et annexé par Israël en 1967. Les juifs peuvent venir y prier collectivement après coordination avec le Waqf, administrateur des biens musulmans.

La seconde Intifada, le soulèvement palestinien, avait éclaté en septembre 2000 lorsque le chef du Likoud (droite israélienne), Ariel Sharon, devenu par la suite Premier ministre, s'était rendu sur l'esplanade des Mosquées, une visite alors perçue comme une provocation par les Palestiniens.