Dans le sud du pays, Ouzbèkes et Kirghizes craignaient samedi une résurgence des violences interéthniques

A Och, la présence des forces de l'ordre était forte aux abords des quartiers ouzbeks où les violences ont été les plus graves depuis une semaine.Samedi matin, la plupart des districts ouzbeks étaient toujours barricadés par des arbres coupés, des containeurs, des voitures, des camions ou des autobus, empêchant l'accès des autorités.

L\'armée et la police Kirghize très présente, à Och, dans le sud du pays, le 17 juin 2010
L'armée et la police Kirghize très présente, à Och, dans le sud du pays, le 17 juin 2010 (AFP - Viktor Drachev)

A Och, la présence des forces de l'ordre était forte aux abords des quartiers ouzbeks où les violences ont été les plus graves depuis une semaine.

Samedi matin, la plupart des districts ouzbeks étaient toujours barricadés par des arbres coupés, des containeurs, des voitures, des camions ou des autobus, empêchant l'accès des autorités.

"S'ils viennent libérer les voies d'accès, ils vont à nouveau nous tirer dessus. L'armée est contre nous, c'est une lutte de l'Etat contre nous", estime Poulat Chikhanov, 63 ans, un habitant de la rue Alicher Novoï, qui a été en grande partie incendiée il y a une semaine.

"On ne s'attend à rien de bon là. Ca va recommencer tant qu'ils n'auront pas chassé tous les Ouzbeks", confirme Pourdoubaï Baroubaïev, le chef du quartier.

Cependant, la levée de deux barrages tôt samedi matin n'a donné lieu à aucune violence.

De leur côté, les Kirghiz réclament l'intervention de la police dans ces quartiers pour y rechercher des otages qui s'y trouveraient selon eux, et notamment des représentants des forces de l'ordre.

La mairie d'Och a indiqué pour sa part à l'AFP que les corps mutilés de cinq otages, quatre hommes et une femme, avaient été repêchés dans une rivière à la sortie de Nariman, une bourgade ouzbèke entre Och et la frontière avec l'Ouzbékistan.

Les violences qui ont éclaté dans la nuit du 10 au 11 juin à Och avant de se répandre à Djalal-Abad (sud) ont fait jusqu'à 2.000 morts, a admis vendredi la présidente kirghize par intérim Rosa Otounbaïeva.

L'ONU lance un appel de fonds, le PAM organise un pont aérien
Après avoir demandé vendredi au gouvernement du Kirghisztan de mener une "enquête exhaustive et transparentes" sur les violences, l'ONU a lancé auprès des pays donateurs un appel de fonds d'urgence de 71 millions de dollars pour l'aide humanitaire au Kirghizstan .

Cet appel vise à faire face notamment à une pénurie de nourriture, a précisé le secrétaire général Ban Ki-moon. Un autre appel, destiné à l'Ouzbékistan voisin, sera lancé en début de semaine prochaine.

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé samedi l'organisation à partir de dimanche d'un pont aérien depuis Dubaï pour acheminer des vivres au Kirghizstan et en Ouzbékistan. Selon la directrice du PAM Josette Sheeran, "il n'y a pas une minute à perdre".