Cuba : "Le gouvernement a changé de stratégie pour réprimer la liberté d’expression des dissidents"

Geneviève Garrigos, porte-parole d'Amnesty international en France, n'a pas donné tort dimanche sur franceinfo aux propos de Ségolène Royal, ministre de l'Écologie sur l'absence d'une liste de prisonniers politiques à Cuba.

Une garde d\'honneur reste au tombeau du dirigeant cubain Fidel Castro à Santiago de Cuba le 4 décembre 2016.
Une garde d'honneur reste au tombeau du dirigeant cubain Fidel Castro à Santiago de Cuba le 4 décembre 2016. (YAMIL LAGE / AIN)

Geneviève Garrigos, porte-parole d'Amnesty international en France, est revenue sur les propos polémiques de Ségolène Royal sans lui donner tort dimanche 4 décembre sur franceinfo. La ministre de l’Écologie Ségolène Royal a défendu et maintenu ses propos sur les prisonniers politiques à Cuba, en marge d’un déplacement officiel sur l’île pour les funérailles de Fidel Castro ce week-end. La numéro 3 du gouvernement, venue représenter la France, a affirmé qu'il "n'y a pas de liste de prisonniers politiques".

Cependant, Geneviève Garrigos a souhaité apporter une nuance de taille à ses propos. "Le gouvernement cubain a changé de stratégie pour réprimer la liberté d’expression des dissidents et de tous les opposants", a-t-elle affirmé. Ainsi le régime, "au lieu de procéder à des jugements et de condamner à des peines de longue durée, [procède] à des arrestations de courte durée, qui ne donnent pas lieu à des inculpations" ou à des condamnations, selon Geneviève Garrigos.

Au mois d’octobre, 620 personnes ont été arrêtéesGeneviève Garrigos
porte-parole d'Amnesty international en France
à franceinfo

"De ce fait il est très difficile de savoir qui est arrêté, quand et combien de temps, ce qui ne me permet pas d’établir des listes", a poursuivi la porte-parole d'Amnesty international en France. Ces arrestations sont extrêmement fréquentes, selon Geneviève Garrigos : "Rien que pour l’année 2015 par exemple, 8 600 personnes ont subi ce type d’arrestation et de détention arbitraire."

La porte-parole d'Amnesty international en France a rappelé que "le fait qu’on ne puisse pas donner de noms à un instant T" ne veut pas dire que les dissidents "ne subissent pas de répression".

"Le gouvernement cubain a changé de stratégie", Geneviève Garrigos
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