Ukraine : où en est l'enquête sur le crash du vol MH17 ?

Des enquêteurs néerlandais sont arrivés à Torez, où ils ont pu examiner les corps de victimes. Kiev annonce l'arrêt des combats autour de cette zone.

Des secouristes ukrainiens recherchent, le 21 juillet 2014, des corps parmi les débris de l\'avion de Malaysia Airlines qui s\'est écrasé dans l\'est de l\'Ukraine.
Des secouristes ukrainiens recherchent, le 21 juillet 2014, des corps parmi les débris de l'avion de Malaysia Airlines qui s'est écrasé dans l'est de l'Ukraine. (BULENT KILIC / AFP)

La confusion règne toujours, lundi 21 juillet, aux abords de la zone du crash du vol Malaysia Airlines dans l'est de l'Ukraine. Francetv info fait le point sur la recherche des corps et l'évolution d'une enquête qui se heurte à une intense bataille diplomatique et dont les éléments se situent toujours dans une zone de conflit.

272 corps sur 298 retrouvés

Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a annoncé lors d'une conférence de presse à Kiev que les secours avaient retrouvé 272 corps sur les 298 personnes que transportait l'avion Amsterdam-Kuala Lumpur qui s'est écrasé jeudi. Selon le Premier ministre, 251 corps sont désormais conservés à Torez, en zone tenue par les rebelles prorusses, dans un train réfrigéré.

Des enquêteurs néerlandais examinent les corps

Dépêchée sur place, une équipe d'enquêteurs néerlandais, dont le pays a payé le plus lourd tribut dans la catastrophe (193 morts), a examiné les corps entreposés dans les cinq wagons du train. Masque sur le visage, ces experts étaient accompagnés par des représentants de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Censés être réfrigérés, ces voitures dégagent une très forte odeur de corps en décomposition faisant vaciller certaines personnes, y compris parmi l'escorte des rebelles.

"Le stockage des corps est de bonne qualité", a cependant brièvement déclaré Peter Van Vilet, expert médicolégal hollandais, responsable de la mission dans l'Est, au milieu de 50 hommes en armes, devant la gare de Torez. La délégation s'est ensuite dirigée sur les lieux du crash. "Le train doit bouger aujourd'hui, a-t-il ajouté, mais nous ne savons pas vers quelle destination, ni à quelle heure". Mais il faut qu'il sorte de Torez, et de la zone rebelle, "pour que nous puissions faire les analyses nécessaires. Ici, ce n'est pas techniquement possible".

Le Premier ministre ukrainien s'est pour sa part dit prêt à "envoyer tous les corps à Amsterdam" pour que soient effectuées les autopsies et à toutes les expertises indépendantes nécessaires.

Kiev ordonne l'arrêt des combats autour de la zone du crash

Kiev a ordonné à ses forces l'arrêt des combats dans un rayon de 40 km autour de la zone du crash. "J'ai donné l'ordre : dans un rayon de 40 km du lieu de la tragédie, les militaires ukrainiens doivent incessamment interrompre leurs opérations et s'abstenir d'ouvrir le feu", a annoncé le président ukrainien, Petro Porochenko, en rendant visite lundi à l'ambassadeur de Malaisie à Kiev.

A une centaine de kilomètres, dans la ville de Donetsk, aux mains des séparatistes, des combats ont toutefois été signalés dans le quartier de la gare. D'après les insurgés, au moins quatre chars et véhicules blindés de l'armée gouvernementale tentent de s'enfoncer à l'intérieur de la ville, et de leur côté, les séparatistes ont envoyé des dizaines de leurs combattants vers la zone d'affrontements. L'armée ukrainienne a cependant démenti être à l'origine des tirs de lundi matin.

La Russie sous haute pression diplomatique

Le Conseil de sécurité devrait adopter lundi après-midi une résolution réclamant des séparatistes prorusses un accès libre et sécurisé au site du crash, selon des diplomates. Paris, Londres et Berlin menacent la Russie de nouvelles "sanctions" si le président Poutine n'obtient pas des rebelles un accès "libre et total" au site où s'est écrasé le Boeing 777.

Vladimir Poutine, lui, assure que la Russie fera son possible pour favoriser un règlement négocié du conflit en Ukraine et demande qu'un accès sécurisé soit garanti aux experts internationaux sur le site de la catastrophe. Il a jugé que le crash n'aurait "certainement pas eu lieu si les combats n'avaient pas repris" fin juin après la décision de Kiev de mettre fin au cessez-le-feu. Vladimir Poutine a toutefois évité de se prononcer sur l'origine du tir sur l'avion malaisien.