Crash dans le Sinaï : Daech "n'a jamais revendiqué un attentat qu'il n'avait pas commis"

Deux jours après le crash d'un Airbus de la compagnie charter russe Metrojet dans le Sinaï en Egypte, l'enquête ne fait que commencer. Mais le fait que l'avion se soit disloqué en vol comme la revendication de Daech rendent plausible la piste de l'attentat. Décryptage de l'expert Romain Caillet.

(L'un des gros débris de l'Airbus de Metrojet © REUTERS / Mohamed Abd El Ghany)

"Ils ont fait des traductions dans plusieurs langues. Ils ont même lu un enregistrement audio du communiqué. Ce n'est pas possible qu'ils ne soient pas responsables de ce crash " assure Romain Caillet, expert en terrorisme et spécialiste des mouvances djihadistes au sujet de la revendication de Daech après le crash d'un avion russe samedi en Egypte.

"Jusqu'à présent, ils n'ont jamais revendiqué un attentat qu'ils n'avaient pas commis à l'exception d'une attaque commise contre une caserne russe dans le Caucase en septembre dernier. Donc ils s'exposent à une perte de crédibilité s'ils n'étaient pas à l'origine  de cet attentat. Maintenant quand on lit le texte du communiqué, ils ne disent pas que ce sont des missiles qui ont frappé cet avion. Ils disent, on l'a fait tomber. Et  n'oublions pas que c'est très symbolique de frapper en Egypte, le seul pays arabe qui a approuvé l'engagement russe en Syrie." 

"Ils n'ont jamais revendiqué un attentat qu'ils n'avaient pas commis" (Romain Caillet)
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Un avion disloqué en vol 

"Tous les signes montrent que la destruction de la structure de l'appareil s'est produite en plein ciel et à très haute altitude " a déclaré dès samedi soir Alexander Neradko, le chef de l'agence russe de l'aviation, Rosaviatsia. Une dislocation difficile à expliquer par un simple problème technique. Dans le doute Air France, la Lufthansa,  Emirates et plusieurs compagnies aériennes ont annoncé qu'elles ne survoleraient plus le Sinaï "jusqu'à nouvel ordre", "par mesure de sécurité."