La Corée du Nord promet à Séoul des représailles pour ses "péchés"

Pyongyang n'a pas apprécié que Séoul ait interdit les visites de condoléances en Corée du Nord, toutefois la nature de ces represailles n'a pas été précisée.

Dernière cérémonie d\'adieu au dirigeant Kim Jong-il à l\'issue de 13 jours de deuil à Pyongyang (Corée du Nord) le 29 décembre 2011.
Dernière cérémonie d'adieu au dirigeant Kim Jong-il à l'issue de 13 jours de deuil à Pyongyang (Corée du Nord) le 29 décembre 2011. (KNS / AFP)

Après le temps du deuil, la Corée du Nord se fait menaçante. Pyongyang a promis vendredi 30 décembre qu'elle se vengerait des "péchés" commis par Séoul lors de la mort et des obsèques du dirigeant de Corée du Nord Kim Jong-il, ont indiqué l'agence officielle KCNA et la télévision d'Etat.

"Nous ferons payer jusqu'au bout le traître Lee Myung-Bak [président de la République de Corée du Sud] et sa clique pour les péchés impardonnables, pour l'éternité, qu'ils ont commis à l'occasion des obsèques nationales" de l'ancien leader nord-coréen, ont affirmé les médias du pays. Le Nord n'a pas précisé en quoi consisteraient ces représailles.

A la télévision, ces déclarations ont été répétées pendant dix minutes par le présentateur, tandis qu'un bandeau, portant les mêmes mots, défilait au bas de l'écran.

Que reproche Pyongyang à Séoul ?

Le Nord reproche à Séoul d'avoir interdit les visites de condoléances à Pyongyang. Seules deux délégations sud-coréennes ont été autorisées à se rendre de l'autre côté de la frontière, avant les obsèques de Kim Jong-il, pour rendre hommage au défunt. Elles étaient menées par la veuve de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-Jung, qui avait tenu avec Kim Jong-il en 2000 le premier sommet intercoréen de l'histoire, et par la présidente du groupe Hyundai.

Pyongyang est également en colère contre la Corée du Sud en raison de tracts lancés par des activistes, appelant à l'insurrection contre la dynastie Kim. Ces messages ont été envoyés mercredi 28 décembre, jour des obsèques de l'ex-leader, accrochés à des ballons expédiés vers la Corée du Nord.

Nouveau dirigeant mais même politique

"Nous déclarons solennellement et fièrement aux responsables politiques stupides dans le monde, y compris les fantoches de Corée du Sud, qu'ils ne doivent pas s'attendre au moindre changement de notre part"a lancé la Commission de défense nationale, considérée comme la structure la plus puissante du pays, dans un communiqué diffusé par l'agence officielle KCNA. "Comme nous l'avons dit, nous nous refuserons toujours à nouer des liens avec le traître Lee Myung-Bak et son groupe."

Les premiers pas de l'héritier Kim Jong-un sont scrutés avec attention par les chancelleries. Dotée de l'arme nucléaire, la Corée du Nord représente un enjeu de taille pour la diplomatie régionale de la Chine, son seul allié de poids, et des Etats-Unis.