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Corée du Nord : une journaliste américaine fait visiter Pyongyang aux internautes

La Corée du Nord a ouvert son premier grand show politique en près de quarante ans, un congrès du parti unique au pouvoir destiné à consacrer le règne absolu de Kim Jong-un et le "prestige" du pays en tant que puissance nucléaire.

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France Télévisions
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Des journalistes étrangers devant le Palais du 25 avril, à Pyongyang, en Corée du Nord, le 6 mai 2016.  (ED JONES / AFP)

La Corée du Nord est l'un des pays les plus répressifs du monde en matière de droit de la presse, selon Reporter sans frontières. Mais à l'occasion du premier congrès de son parti unique, vendredi 6 mai, le pays a (un peu) ouvert ses portes aux journalistes étrangers.

Envoyée spéciale à Pyongyang (Corée du Nord) pour cette grande conférence, une journaliste du Washington Post s'est donnée pour mission de présenter ce pays parmi les plus fermés du monde aux internautes. Une opportunité rare dans la dictature où les étrangers ne sont autorisés à utiliser leur propres téléphone que depuis 2013.

Un chat en direct et un Periscope

Jeudi 5 mai, elle a répondu en direct aux questions des internautes, depuis sa chambre d'hôtel. Une initiative exceptionnelle dans le pays. 

"Bonjour tout le monde ! Ici Anna Fifield depuis Pyongyang en Corée du Nord…", a-t-elle commencé son intervention sur Facebook Live. Interrogée pendant une quinzaine de minutes par les internautes, avant d'être coupée, en raison, semble-t-il, d'un problème de connexion - la journaliste explique ne pas savoir si les agents du gouvernement coréen chargés de l’escorter tout au long de son voyage sont au courant de son initiative, rapporte Mashable.

Plus tard, elle continue de diffuser des extraits de sa visite via l'application Periscope. Dans les rues de Pyongyang aux abords du Palais où se tient le congrès, elle filme les passants et les grands axes. "Je ne prétends pas que c'est à cela que ressemble la vraie Corée du Nord", explique-t-elle. "C'est le meilleur quartier de la capitale, là où vivent les élites". 

Des photos sur Twitter et Instagram

"Je poste comme une folle sur Instagram", a encore prévenu la journaliste, jeudi, sur Twitter. Photos dans un supermarché, dans la rue, dans le taxi... Anna Fifield continue de documenter son voyage.

Un congrès qui reste très fermé

Si la journaliste documente ces tranches de vie quotidienne, c'est aussi parce que la presse n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent. La centaine de journalistes étrangers invités à couvrir l'événement ne sont pas autorisés à pénétrer à l'intérieur du Palais du 25 avril, dont la façade était décorée de portraits géants des dirigeants défunts. Les photographes et cameramen sont, quant à eux, tenus à 200 mètres à l'écart, comme le montre ici un autre journaliste du Washington Post.  

La télévision officielle nord-coréenne s'est abstenue de toute couverture en direct, consacrant ses émissions de la matinée à des images d'archives sur les prouesses du parti et des concerts patriotiques.

Le menu de la réunion n'est pas connu, sa durée non plus. Mais l'objectif principal sera vraisemblablement d'asseoir le statut de Kim Jong-un en tant qu'héritier légitime de ses grand-père et père.

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