"Je pensais que mon frère était mort" : après 68 ans de séparation, des Sud-Coréens se rendent au Nord pour retrouver leurs proches

Des familles séparées entre les deux Corées ont été tirées au sort pour se retrouver pendant quelques jours pour la première fois depuis 1950.

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France 2

Depuis soixante-huit ans, ils étaient séparés de leurs proches vivant de l'autre côté de la frontière. Plusieurs dizaines de Sud-Coréens, tous âgés de presque 80 ans, sont passés au Nord, lundi 20 août, pour y rencontrer des parents qu'ils n'avaient plus revus depuis la guerre de Corée (1950-1953). 

Une femme rencontrée par France 2 à la veille de ses retrouvailles devait ainsi retrouver son fils, âgés de 4 ans lors de leur séparation. "A l'époque, dès le début de la guerre, on a été séparés alors qu'on était dans une file d'attente pour fuir, explique-t-elle. Mon mari portait mon fils moi je suis passée au sud et je ne les ai plus revus. Depuis, mon mari est mort, mais mon fils est toujours vivant."

De brèves retrouvailles

Soonam Lee, 76 ans, n'a plus qu'une minuscule photo de son frère, à qui il n'a jamais parlé depuis la fin de la guerre, en 1953. Faute de traité de paix à l'époque, Corée du Nord et Corée du Sud restent de fait en conflit, empêchant les réunions familiales. "Il y a un mois la Croix-Rouge m'a annoncé qu'il était vivant, raconte-t-il. Moi je le pensais mort. Je suis tellement heureux de le voir, on va être face à face."

Les familles ont été sélectionnées par tirage au sort, parmi les 57 000 séparées. Avant de passer au Nord, les habitants du Sud ont dû déposer leurs téléphones portables, Pyongyang voulant maîtriser toutes les images des retrouvailles, censées durées trois jours. Les autorités de Corée du Nord vont tout contrôler. "Seules les télévisions du régime de Pyongyang filmeront, explique Maryse Burgot, l'envoyée spéciale de France 2. La plupart du temps, les familles se parleront en présence d'officiels du régime."

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