"On est avant tout dans la gestion d’une urgence" : la France envoie de l'aide humanitaire en Arménie

Le conflit au Haut-Karabakh a engendré le déplacement de plusieurs milliers de réfugiés en Arménie. Soutenues par la diaspora, les autorités françaises ont décidé de venir en aide au pays, et veulent revenir dans le jeu diplomatique.

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Les premiers avions de fret humanitaire français viennent de se poser à Erevan. (27 novembre 2020) (ERIC BIEGALA / RADIO FRANCE)

Le cesser-le-feu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, signé le 9 novembre dernier, a mis fin à un mois et demi d'affrontements très violents autour du Haut-Karabakh mais n'a pas résolu la crise humanitaire qui en a découlé. Environ 120 000 personnes, Arméniens du Haut-Karabakh essentiellement, ont évacué la province le mois dernier vers l'Arménie voisine. Un fardeau énorme pour un pays de trois millions d'habitants. La diaspora arménienne de France et les autorités françaises ont décidé de lui venir en aide.

Les premiers avions de fret humanitaire français viennent de se poser à Erevan. Sur le tarmac de l'aéroport, c'est Kristina Aznavour, la belle-fille de Charles qui préside au destockage des palettes d'aide. Une aide récoltée par, entre autres, la Fondation Aznavour qu'elle dirige et qui est d'abord constituée de vêtements : "Les gens ont quitté leur maison en urgence sans rien. Et aujourd’hui, ils se retrouvent avec les habits de l’été sur eux et ils n’ont plus rien."

"C’est de l’aide pour du court-terme avec des habits chauds, des médicaments, toutes les choses de première nécessité afin de les aider maintenant."

Kristina Aznavour

à franceinfo

Youri Djorkaeff poursuit l'inventaire. L'ancienne vedette du ballon rond, était également du voyage, bombardé pour l'occasion "ambassadeur de bonne volonté" : "Il y a des vêtements, des minis-centre médicaux, du câblage électrique. Il y a un peu de tout, il y a 30 tonnes aujourd’hui."

La France veut revenir dans le jeu diplomatique

La France a également envoyé - par un avion précédent - 30 tonnes de matériel médical, et notamment des mallettes contenant chacune de quoi soigner en urgence près de 500 personnes détaille Eric Chevalier, le patron du centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères : "Ce sont des mallettes autonomes assez facile à transporter. Il ya beaucoup de matériel mais elles ne sont pas trop lourdes et ça permet de prendre en charge de façon autonome 500 blessés."

Enfin, également du voyage le secrétaire d'État Jean-Baptiste Lemoyne, qui ne cache pas que cette opération humanitaire est aussi une manière pour la France de tenter de revenir dans le jeu diplomatique et géopolitique local. "On est avant tout dans la gestion d’une urgence", explique le secrétaire d'État mais il y a un certain nombre de points à résoudre : "Quid des modalités de retour des déplacés ? Quid du retrait des mercenaires syriens amenés par les Turcs ? Sur tous ces sujets, la France entend poser un certain nombre d’exigences, et donc, elle a toute sa part à prendre dans ce travail."

Co-présidente du groupe de Minsk chargé de trouver une solution au conflit entre Arménie et Azerbaïdjan depuis 25 ans la France avait été totalement ignorée lors de la négociation de l'accord de cesser-le-feu du 9 novembre obtenue par la seule Russie.

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