Cet article date de plus de douze ans.

Combats meurtriers autour de Saada

Plus de 140 rebelles ont été tués dans le nord du Yémen, lors de violents combats avec l'armée dimanche
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Un camp de réfugiés du HCR accueille les Yéménites qui fuient les combats dans le nord du pays (29-08-09) (© AFP / Khaled Fazaa)
Plus de 140 rebelles ont été tués dans le nord du Yémen, lors de violents combats avec l'armée dimanchePlus de 140 rebelles ont été tués dans le nord du Yémen, lors de violents combats avec l'armée dimanche

Il s'agit des combats les plus violents, selon l'armée, depuis le début de son offensive contre la rébellion zaïdite dans la région de Saada le 11 août.

Ces combats, le jour l'aid el fitre, qui marque la rupture du jeûne musulman, sont intervenus après l'annonce d'une trêve rapidement rompue, par les rebelles selon l'armée.

Selon le récit des militaires, les rebelles ont lancé une attaque sur la ville de Saada. "Les forces gouvernementales ont réussi à repousser l'attaque et ont engagé des combats, les plus violents depuis le début de la guerre, au cours desquels elles ont infligé d'importantes pertes aux rebelles", ont-ils affirmé.

L'armée yéménite a lancé le 11 août une nouvelle offensive contre la rébellion zaïdite dans la province de Saada, la sixième depuis 2004. En cinq ans les combats dans cette région située au nord du Yémen, près de la frontière avec l'Arabie Saoudite, ont fait des milliers de morts.

Les rebelles zaïdites affirment lutter pour le rétablissement de l'imamat zaïdite, un régime monarchique renversé par un coup d'Etat militaire en 1962, année où la République a été proclamée au Yémen, pays à majorité sunnite. Le zaïdisme est une branche du chiisme. Le pouvoir accuse la rébellion d'être soutenue par l'Iran chiite. Les rebelles, eux, soutiennent que Sanaa bénéficie d'une assistance militaire de l'Arabie saoudite, monarchie sunnite qui jouxte leur fief.

Les organisations humanitaires ont attiré l'attention ces dernières semaines sur la situation des civils, pris dans les combats et souvent obligés de fuir. Selon l'ONU, quelque 150.000 personnes ont été déplacées dans le nord du Yémen depuis 2004, dont 55.000 depuis le 11 août.

Plus de 80 civils tués

Plus de 80 civils sont été tués mercredi dans un raid aérien de l'armée dans le nord du Yémen, selon des témoins. L'armée yéménite a bombardé un camp improvisé de déplacés, tuant des femmes et des enfants qui avaient fui les combats opposant l'armée à la rébellion zaïdite.

Une source officielle a refusé de confirmer le bilan, indiquant seulement qu'un avion avait visé "des rebelles qui ouvraient le feu alors qu'ils étaient mêlés aux civils".

Alors que l'accès de la zone des combats est interdit aux journalistes, plusieurs témoins ont raconté à l'AFP qu'un avion de combat avait visé des familles qui avaient fui les combats et s'étaient réfugiées dans une vallée à Adi, dans la province d'Omrane, au sud de la région de Saada. "Plus de 80 civils, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été tués", a déclaré à l'AFP un témoin joint au téléphone depuis Sanaa. Un autre témoin a parlé "d'au moins 87 tués" dans le raid.

A New York, Human Rights Watch, qui cite aussi des témoins, a fait état de 87 morts, en majorité des femmes, des enfants et des vieillards. L'organisation de défense des droits de l'homme s'est déclarée "extrêmement préoccupée par les conséquences des combats sur la situation humanitaire dans cette région".

C'est la première fois qu'il est fait état d'un aussi grand nombre de victimes civiles dans cette guerre qui a éclaté le 11 août entre l'armée et les rebelles, dans la région de Saada, région frontalière avec l'Arabie Saoudite et située à 240 km au nord de Sanaa.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.