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Chypre limite les retraits aux distributeurs à 100 euros par jour

Une réunion cruciale entre l'exécutif chypriote et les grandes institutions internationales a lieu ce soir à Bruxelles.

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France Télévisions
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Des Chypriotes retirent de l'argent à Nicosie (Chypre), le 22 mars 2013. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

L'annonce a été faite quelques heures avant une réunion cruciale de l'Eurogroupe. La banque centrale de Chypre a imposé dimanche 24 mars  un plafond de 100 euros pour les retraits quotidiens aux distributeurs des banques locales, et ce afin d'éviter une ruée aux guichets. Un porte-parole de la Cyprus Popular Bank, deuxième banque de l'île, qui avait précédemment limité les retraits à 260 euros, a dit que cette mesure s'appliquait dès midi et jusqu'à la réouverture de l'établissement, soit mardi en principe.

Chypre affronte des réunions de la dernière chance à Bruxelles (Belgique) avec ses bailleurs de fonds internationaux, sous la menace d'une faillite du pays et d'une sortie de l'euro. Le président, Nicos Anastasiades, arrivé en début d'après-midi au siège du Conseil européen, a d'abord eu une réunion avec les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy, et de la Commission José Manuel Barroso. Les trois dirigeants ont ensuite été rejoints par les présidents de la BCE, Mario Draghi, et de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, ainsi que la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde.

"Une économie-casino au bord de la faillite", selon Paris

Après une journée de négociations-marathon samedi à Nicosie avec des représentants de la troïka (Union européenne, BCE et FMI), Nicos Anastasiades va devoir convaincre Bruxelles du sérieux du plan proposé pour réunir les 7 milliards d'euros exigés par la zone euro en échange d'un prêt international de 10 milliards. Ces montants pourraient toutefois évoluer car "l'estimation des besoins financiers de Chypre a été revue à la hausse", a indiqué une source européenne.

Selon un haut responsable du gouvernement chypriote, les tractations entre Nicosie et ses bailleurs de fonds prennent l'allure d'un bras de fer. Cité par l'agence CNA, sous couvert d'anonymat, il a critiqué samedi soir l'attitude "rigide" du FMI lors des négociations, en affirmant qu'il formulait "chaque demi-heure une nouvelle exigence". Chypre est aussi sous la menace directe de la BCE, qui veut couper les vivres aux banques dès lundi faute d'accord.

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a de son côté estimé qu'il fallait en finir avec une "économie-casino au bord de la faillite (...) Sinon c'est vous, c'est moi, c'est nous qui allons payer la facture", a-t-il ajouté. Chypre et la troïka ont enregistré samedi soir des progrès, consistant principalement en un accord sur une taxe exceptionnelle de 20% sur les comptes de plus de 100 000 euros, selon les médias locaux.

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