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Aphrodite peut-elle sauver Chypre?

Chypre, en pleine tourmente financière, possède une arme non négligeable pour sortir de la crise : ses ressources en gaz naturel off shore contenues dans une réserve connue sous le nom d’Aphrodite, du nom de la déesse antique que la mythologie faisait vivre sur l’île.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Mosaïque d'Aphrodite, à Paphos (Chypre). (AFP/MORANDI Bruno / hemis.fr)
La nouvelle Aphrodite chypriote, les Russes ont été les premiers à lorgner dessus. La banque russe Gazprombank, détenue à 41%  par le géant public gazier Gazprom, a proposé une aide financière à l'île en pleine faillite... en échange de licences de production de gaz  naturel.

Car Chypre, dont les banques sont en perdition, serait posée sur une énorme bulle de gaz située au sud de l'île, sous les eaux transparentes de la Méditerranée. Le groupe américain Noble Energy et le gouvernement chypriote avaient annoncé en 2011 qu'ils avaient découvert un gisement, dit Aphrodite, représentant environ 200 milliards de mètres cubes de gaz.

Des réserves pouvant atteindre 600 milliards d'euros
«C'est important pour nous sur le plan non seulement économique, mais aussi géostratégique», a dit le ministre de l'Energie, George Lakkotrypis, estimant que le gaz pourrait être prévendu et garantir l'émission de nouveaux emprunts sur le marché.

Chypre, novice dans le secteur de l'énergie, pourrait selon les experts être assise sur des réserves d'hydrocarbures d'une valeur de 400 milliards de dollars (300 milliards d'euros), bien supérieure au plan de sauvetage en cours de discussion avec l'UE et le Fonds monétaire international.

Le flou règne cependant sur l’ampleur des réserves de Chypre en gaz. De nouveaux forages devraient apporter une réponse plus précise. Combien de gaz recèle la ZEE (zone économique exclusive) de la République de Chypre, la zone «grecque» de l’île et ses 800.000 habitants ? «Il y aurait entre 140 et 220 milliards de mètres cubes de gaz, soit entre 3 et 4 ans et demi de consommation de la France. Encore cette fourchette ne porte-t-elle que sur le "bloc 12" exploré par Noble», affirmait le journaliste Fabrice Nodé-Langlois dans Le Figaro en 2012.

Mais au total, les gisements pourraient rapporter jusqu'à 600 milliards d'euros, si les autres gisements – dont un devrait être exploité par Total – tiennent leurs promesses.

Plateforme d'exploitation de la compagnie Noble dans la mer, près de Chypre (CHRISTOS AVRAAMIDES / PIO / AFP)

A quand le gaz de Chypre ?
Quoi qu’il en soit, l’exploitation n’est pas pour toute suite. Total vient par exemple de seulement signer début 2013 l'autorisation d'explorer deux zones au sud-ouest de Chypre. «L’exploration de ces deux permis commencera par des travaux de sismique», précise le groupe énergétique. Toutes les licences n'ayant pas encore été attribuées, la production ne devrait pas être imminente.

On parle en effet de 2017 voire 2020. Et cette exploitation exige des investissements massifs pour un petit pays au PIB de moins de 20 milliards d’euros, notamment si Chypre veut aussi installer une usine de liquéfaction du gaz. Bref, d'ici là, Chypre devra trouver des relais pour financer sa dette.

Sans compter que les Turcs entendent avoir leur mot à dire sur ses réserves gazières...

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