Virus inconnu apparu en Chine : des chercheurs redoutent des centaines de contaminations

Une étude affirme qu'il pourrait déjà y avoir 1 723 personnes atteintes. Trois cas ont été recensés à l'étranger.

Des agents de sécurité près du marché d\'où pourrait provenir le virus, à Wuhan, dans la province du Hubei, en Chine, le 11 janvier 2020.
Des agents de sécurité près du marché d'où pourrait provenir le virus, à Wuhan, dans la province du Hubei, en Chine, le 11 janvier 2020. (NOEL CELIS / AFP)

Des scientifiques redoutent davantage de contaminations au mystérieux virus apparu en Chine et de la même famille que le Sras, que ce qu'avaient annoncé les autorités, alors qu'à l'étranger les mesures se multiplient pour empêcher la maladie de se propager. Quatre cas supplémentaires ont été recensés samedi 18 janvier, portant le nombre total à au moins 45 patients contaminés à Wuhan (centre), a indiqué la Commission municipale de l'hygiène et de la santé de cette ville, où la totalité des cas chinois ont été signalés depuis le mois dernier.

Le virus suscite des inquiétudes croissantes après le décès en Chine, mercredi 15 janvier, d'un second patient, un homme de 69 ans, tombé malade le 31 décembre et qui a vu son état de santé s'aggraver cinq jours plus tard.

Le virus a probablement contaminé des centaines de personnes de plus que le chiffre officiel, selon des scientifiques d'un centre de recherches de l'Imperial College à Londres, qui conseille des institutions comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ils affirment dans une étude que le chiffre de 1 723 personnes contaminées est bien plus probable. Ce bilan tient compte de l'ensemble des informations disponibles au 12 janvier.

Trois cas à l'étranger

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont basés sur le nombre de cas détectés jusqu'à présent hors de Chine – deux en Thaïlande et un au Japon – pour en déduire le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, sur la base des données des vols internationaux au départ de l'aéroport de Wuhan.

"Pour que Wuhan ait exporté trois cas vers d'autres pays, il faut qu'il y ait beaucoup plus de cas que ce qui a été annoncé", a expliqué à la BBC le professeur Neil Ferguson, l'un des auteurs de l'étude. "Je suis nettement plus préoccupé que je ne l'étais il y a une semaine", a-t-il ajouté.

L'épidémie alimente les craintes d'une réapparition d'un virus de type Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), hautement contagieux, qui avait tué environ 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

Contrôles renforcés aux frontières

L'enquête des autorités chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients contaminés travaillaient sur un marché de Wuhan spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons. L'inquiétude est désormais perceptible à l'étranger, où les mesures de prévention se multiplient.

Les autorités de Hong Kong (Sud) ont renforcé leurs mesures de contrôle aux frontières du territoire autonome, notamment avec des détecteurs de température corporelle. Les Etats-Unis ont également annoncé qu'à partir de vendredi ils commençaient à filtrer les vols en provenance de Wuhan à l'aéroport de San Francisco et à l'aéroport JFK de New York – qui reçoivent tous deux des vols directs de Wuhan –, ainsi qu'à celui de Los Angeles, où sont assurées de nombreuses correspondances.

Les passagers seront examinés par les équipes médicales mais pas systématiquement soumis à un prélèvement.