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«Seulement» 1000 morts dans les mines chinoises en 2013

Le chiffre fait frémir, mais avec 1000 morts, l’année qui s’achève est la meilleure en terme de sécurité dans les mines chinoises. Le nombre des tués a été réduit de 24% en un an. Le charbon, indispensable à l’économie chinoise, est aussi un secteur où pullulent les petites unités à la sécurité plus que discutable.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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1000 morts dans les mines de charbon chinoises, en 2013. (AFP)
Le dernier accident date du 5 janvier 2014. Quatre morts et quatre blessés lors d'un coup de grisou dans une mine du Sichuan au centre du pays.

En 2010, année record, le charbon a officiellement tué 2433 mineurs lors de 1403 accidents. Près de quatre accidents par jour ! En Chine, on en est encore à l'époque de Germinal. Les mines de charbon sont considérées comme les plus dangereuses au monde. La Chine est ultra dépendante du charbon dont elle va doubler sa consommation entre 2010 et 2015, passant de 11 à 20 millions de tonnes. Le minerai est abondant au nord et au nord-est du pays. Peu onéreux à extraire, il contribue au développement économique du pays.

Et comme la demande est forte, les petites mines indépendantes sont nombreuses et c’est là que les accidents sont les plus fréquents. Ainsi, selon la Voix de la Russie, le pays envisage de fermer autoritairement 2000 petites mines dans les deux ans, pour cause de manquement à la sécurité.

Il y a officiellement 12.000 sites en activité et une multitude de puits clandestins qui pourraient doubler le nombre des mines de charbon.

China Labour, une organisation non-gouvernementale de défense des salariés, prétend que les mines d’Etat ne sont pas plus sûres, contraintes elles aussi, à une course au rendement sans fin.
«L'essor de l'industrialisation en Chine ces dernières décennies pousse les mines à surexploiter leurs capacités de production. Le problème majeur est que les systèmes de ventilation des mines ne sont pas adaptés à cette surproduction, ce qui augmente considérablement les risques d’engendrer des explosions.»

La corruption locale, surtout dans les régions traditionnellement productrices de charbon, fait que les directives d’Etat sont peu appliquées. Une astuce a consisté à rouvrir de nouvelles mines pour compenser la fermeture de puits trop dangereux.
Aussi les coups de grisou se succèdent, provoquant des dizaines de morts à chaque fois. Pour la seule année 2013, l’agence de presse AP fait état de trois accidents majeurs qui ont fait près de 100 morts. Trois accidents, partie émergée d’un iceberg, car les accidents échappent à la médiatisation.

China Labour ajoute : «Sous le contrôle direct de Pékin, les reportages des médias officiels omettent de façon intentionnelle les détails des causes de ces accidents et le nombre de victimes, et insistent au contraire sur les secours et les stratégies du gouvernement dans la gestion du post-accident.»
Il est possible dans ce cas que le bilan annoncé soit sensiblement enjolivé. Histoire de glorifier par les chiffres une politique de sécurisation des sites miniers encore loin de ses objectifs.

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