Lego refuse de vendre ses briques au dissident chinois Ai Weiwei

L'artiste avait passé commande pour une exposition en Australie. L'entreprise a refusé, jugeant son travail trop politique.

L\'artiste et dissident chinois, Ai Weiwei, le 16 septembre 2015 à Londres (Royaume-Uni).
L'artiste et dissident chinois, Ai Weiwei, le 16 septembre 2015 à Londres (Royaume-Uni). (ALASTAIR GRANT/AP/SIPA / AP)

Ai Weiwei privé de legos. L'artiste et dissident chinois a révélé samedi 24 octobre sur son compte Instagram que l'entreprise qui produit les fameuses briques a refusé l'une de ses commandes. "En septembre, Lego a refusé notre commande de briques en vrac pour une exposition de la National Gallery of Victoria [à Melbourne, en Australie] sous prétexte qu''ils ne peuvent pas approuver l'utilisation des Legos à des fins politiques'", écrit l'artiste.

 

Une photo publiée par Ai Weiwei (@aiww) le 23 Oct. 2015 à 6h04 PDT

Une version des faits confirmée à Mashable (en anglais) par l'entreprise. "En tant que compagnie dont le but est d'offrir aux enfants une expérience de jeu créative, nous évitons de nous impliquer ou de soutenir l'utilisation des legos dans des projets politiques", explique un porte-parole du groupe.

"Un acte de censure et de discrimination"

Ai Weiwei, qui a reçu le soutien de nombreux internautes, a une autre explication. "Le 21 octobre, une entreprise britannique a annoncé qu'elle allait ouvrir un nouveau parc Legoland à Shanghai", relève l'air de rien l'artiste. Une ouverture confirmée par la BBC (en anglais)

En clair, il accuse l'entreprise de se plier aux désirs du pouvoir chinois pour obtenir des marchés dans le pays. "Le refus de Lego de vendre ses briques à un artiste est un acte de censure et de discrimination", estime-t-il. Avant de poster deux photos de Legos dans la cuvette des toilettes.

 

Une photo publiée par Ai Weiwei (@aiww) le 24 Oct. 2015 à 15h22 PDT